Le choix de la pauvreté

20 mai 2006, par Jean Dubois

Au début des années 1980, le PIB par habitant français représentait en parité de pouvoir d’achat 80% du PIB américain. Aujourd’hui, le pourcentage est tombé en dessous de 75%, ce qui veut dire que la France s’appauvrit relativement aux Etats-Unis. Au niveau de l’économie mondiale, malgré de très fortes disparités, on observe un rattrapage avec des pays comme la Chine ou l’Inde dont le revenu progresse bien plus rapidement que celui du pays le plus riche de la planète, les Etats-Unis. Il y a donc une convergence à laquelle la France ne participe pas. Cette situation n’est pas un accident de l’histoire mais un choix de société, le choix de la pauvreté qui se manifeste dans de nombreuses politiques : la politique macro-économique avec du côté de la politique budgétaire des déficits publics continus pour des dépenses sans impact majeur sur la productivité et un système de protection sociale quasiment en faillite, tandis qu’une politique monétaire trop rigoureuse freine la croissance, la politique de l’emploi qui vise à décourager le travail et donc diminuer les revenus, une politique commerciale tournée vers la défense de l’agriculture avec une politique agricole commune qui engloutit une partie non négligeable de la richesse nationale tout en rendant les prix plus élevés, une politique industrielle qui privilégie les secteurs en déclin et freine la concurrence aussi bien domestique (dans la distribution par exemple) qu’internationale (en bloquant la réallocation efficiente des moyens de production). La « croissance molle » n’est pas la fatalité d’une conjoncture internationale défavorable. On a beau accuser l’Europe ou la mondialisation, la stagnation française est le résultat de politiques très efficaces pour entraver la croissance du revenu par habitant qui ont été mises en place minutieusement par tous les gouvernements qui se sont succédés depuis les années 1970 avec un soutien jamais démenti de la majorité des électeurs.

Ce choix de la pauvreté a plusieurs conséquences. Tout d’abord, il correspond à une augmentation des inégalités qui à nouveau est un choix clair de la société française en réponse aux conséquences négatives des politiques d’appauvrissement menées. Historiquement, seule la croissance du revenu par habitant a réussi à diminuer les inégalités et non quelques lubies redistributrices. Les sociétés les plus égalitaires sont celles des pays riches, cela se voit nettement quand on mesure par exemple le coefficient de Gini qui indique le degré d’inégalité dans la distribution des revenus. Au-delà d’un certain seuil de PIB par habitant, le groupe le plus nombreux dans la société n’est plus celui qui a les revenus les plus bas mais le groupe des individus avec un revenu intermédiaire. Les politiques de type « Robin des bois » n’ont jamais fonctionné. Le moteur de la réduction mondiale de la pauvreté est l’essor capitaliste comme on le voit en Chine ou en Inde, parce que seule la croissance économique enrichit tout le monde (les riches comme les pauvres). C’est aussi en atteignant un certain seuil de revenu par habitant que se développent les mécanismes de protection sociale qui jouent à leur tour un rôle déterminant pour réduire les inégalités de revenus.

En choisissant la « non-croissance » on voit déjà en France les conséquences négatives sur la répartition du revenu et le maintien des filets de protection. Les politiques malthusiennes de l’emploi ont créé un chômage de masse qui a paupérisé plusieurs millions de personnes tandis que l’absence de croissance dans un contexte d’augmentation des dépenses de santé et du choc démographique de l’entrée en retraite des baby-boomers met en faillite la sécurité sociale ce qui inéluctablement réduira la redistribution. Le pouvoir d’achat des retraités ne cesse de diminuer tandis que celui d’autres groupes qui ont la main mise sur l’Etat (en particulier la fonction publique) n’est pas affecté. On voit déjà des assurances médicales privées proposer de meilleures prestations aux personnes plus fortunées. Bloquer le changement économique a toujours deux conséquences : ce sont les plus faibles qui trinquent (la redistribution s’opère en sens inverse des plus pauvres aux plus privilégiés) et une petite minorité parviendra toujours à échapper à la contrainte et à s’enrichir seule. On l’a vu dans les sociétés communistes, on le voit encore aujourd’hui dans les Etats corrompus du Tiers-monde et à une échelle différente on observe le même phénomène en France.

L’autre conséquence du choix de la pauvreté est la montée des extrêmes et le développement d’une frustration qui peut être dangereuse quand elle trouve son expression politique. La France ne s’appauvrit pas dans un sens absolu mais relativement aux autres pays. Cela crée une frustration importante et une haine malsaine tournée à la fois contre l’extérieur (anti-américanisme primaire, mouvement anti-mondialisation, nationalisme économique, arrêt de la construction européenne et mépris à l’égard des derniers pays entrés dans l’Union européenne) mais aussi contre le pays lui-même (« déclinologie », révolte des banlieues, discrédit total du pouvoir politique). Si on additionne les voix données à l’extrême-gauche et à l’extrême-droite la France fait vraiment figure d’exception parmi les nations développées. Certes, d’autres pays avec ont aussi connu le même type de tensions en situation de crise économique, mais la différence dont on va commencer peut-être à se rendre compte est que la crise est du passé pour la plupart des pays occidentaux, mais pas pour la France. Surtout, la victime politique des « trente piteuses » a été le libéralisme parce qu’il faut toujours une victime expiatoire. Or, le libéralisme (à la fois politique et économique) a été la solution pour sortir du chômage de masse et retrouver un niveau satisfaisant de croissance du PIB par habitant dans les pays de l’OCDE. En s’interdisant les politiques qui pourraient amener à un autre choix que celui de la pauvreté, on voit mal comment la situation française pourrait s’améliorer.

Pour le moment, l’écart français reste acceptable. Même si la croissance y est plus faible, le pays parvient malgré tout à passer le cap de la « troisième révolution industrielle », ses grandes entreprises ne se débrouillent pas si mal, les investisseurs étrangers continuent à choisir la France –ce qui montre une certaine confiance dans l’avenir- et pour une partie non négligeable de la population la vie est plutôt belle. On trouve aussi de plus en plus de Français qui vont réussir à l’étranger, là où ce n’est plus possible de réussir au niveau national. La France peut donc rester un bon moment à l’arrière de la course, à l’abri dans le peloton. Mais ce faisant le nombre d’exclus augmente, les écarts de richesse s’accroissent, les frustrations s’amplifient et le danger est que cette situation ne soit pas tenable à long terme. Les révoltes des banlieues ont été un avertissement, le deuxième tour de l’élection présidentielle en 2002 aussi. Comme dans le film de Matthieu Kassowitz « La haine », le pays semble être dans la même situation que cet homme qui tombe du vingtième étage et qui à mi hauteur dans sa chute se dit « jusqu’ici tout va bien ». A voir les difficultés avec lesquelles des problèmes très prévisibles comme le changement démographique ne parviennent pas à être résolus, on ne peut que s’inquiéter face à l’imprévisible. Surtout dans un pays qui n’est plus gouverné, dont le chef de l’Etat et le premier ministre sont totalement discrédités, accrochés au pouvoir comme quelque parasite dont on attend l’atrophie naturelle.

Dans une version optimiste, on peut espérer que le lent déclin et le recul relatif parviendront à susciter un mouvement de rejet des politiques d’appauvrissement et qu’avec l’ardeur des nouveaux convertis la France se lancera enfin dans les réformes politiques, économiques et sociales lui permettant de retrouver le chemin de la croissance.

16 réponses à “Le choix de la pauvreté”

  1. Gu Si Fang dit :

    Il ne faut pas désespérer, le Royaume-Uni a connu son sursaut économique dans les années ‘80, la Suède dans les années ‘90. Voir le livre de Cahuc et Zylberberg en ce qui concerne la Suède : http://gusifang.blogspot.com/2006/05/livre-le-chmage-fatalit-ou-ncessit.html

    Et pour la France, ce sera quand?

    Il faut reconnaître que ce genre de décision collective est difficile car le réformisme fait typiquement partie des idées que chacun aimerait voir plus souvent… chez son prochain! « Tous ces fonctionnaire devraient accepter les règles du marché du travail comme tout le monde, et ce serait mieux pour la collectivité ». Mais si je suis fonctionnaire il y a peu de chances que je raisonne ainsi. Or il est facile de voir que chacun d’entre nous a quelque chose à perdre dans une réforme de grande ampleur, sauf, justement, les plus démunis. Nous sommes en faveur des réformes tant qu’elles s’arrêtent sur le pas de notre porte.

    Cela explique le comportement de nombreux élus, pour qui il reste électoralement payant d’avoir l’air de prôner les réformes tout en défendant en réalité le statu quo. Mais cela ne durera pas indéfiniment, car le prix à payer est la perte de crédibilité des élus modérés et rationalistes, et la montée des extrêmes dont chacun sent bien qu’ils n’apporteraient une solution à aucun de ces problèmes.

  2. What's next? dit :

    « Choix de la pauvreté », classes moyennes, et libéralisme …

    Je recommande la lecture du billet de Tanstafl intitulé Le choix de la pauvreté, qui commence ainsi (je grasse) :Au début des années 1980, le PIB par habitant français représentait en parité de pouvoir d’achat 80% du PIB américain. Aujourd’…

  3. julia dit :

    Les écarts se creusent de plus en plus aux USA entre riches et pauvres, 80 % de la population chinoise n’est pas concernée par le développement économique du pays, la progression économique de la Chine est phénoménale mais elle vient en grande partie du fait que tout est à construire et à créer, ce qui ouvre des marchés qui n’existent nulle part ailleurs. Même si la France est toujours crispée sur une façon rigide de défendre ses services publics, ils sont tout de même un des leviers importants de la solidarité et de la redistribution des richesses. Entre refuser tout changement de notre système et vouloir prendre exemple sur des pays qui abandonnent des millions de citoyens à leur sort, il y a peut-être qq chose d’intermédiaire, non ?

  4. Jean Dubois dit :

    @Julia: En fait les Etats-Unis et la Chine ont un coefficient de Gini proche, autour de 0.40 (voir le tableau 2.8 des World Development Indicators). Aux Etats-Unis, les écarts entre riches et pauvres sont stables depuis le milieu des années 1990. Ils sont à un niveau élevé par rapport à la moyenne de l’OCDE. Mais c’est une caractéristique américaine sans rapport direct avec les politiques qui leur permettent d’être le pays le plus riche de la planète (la Suisse et la Norvège qui ne sont pas loin ont des coefficients de Gini très faibles).

    Quant à la Chine, elle semble suivre la courbe de Kuznets. Tout pays qui se développe connaît d’abord une phase d’augmentation des inégalités (la croissance concerne quelques secteurs, quelques régions) puis une phase de réduction (l’ensemble du pays et de la population sont concernés). Mais bon dans le cas de la Chine (ou de l’Inde) la question pertinente n’est pas celle de la distribution égalitaire des revenus. C’est surtout celle de la réduction massive de la pauvreté via l’accroissement du PIB par habitant et l’élévation du niveau de vie.

    Je ne pense pas sinon que les « services publics » soient l’outil principal de la redistribution mais plutôt l’organisation de l’assurance sociale, les politiques fiscales et le processus de négociation salariale. A ces trois niveaux la France réussit plutôt mal et a des indicateurs assez moyens en matière d’inégalité et de pauvreté parmi les pays de l’OCDE.

  5. julia dit :

    Dans tous les pays en voie de développement (ou même pas en voie de développement) où la banque mondiale impose des règles assez sévères, on voit un accroissement de la pauvreté. Là où les paysans pouvaient au moins se nourrir, la famine règne. Les universités d’Afrique ne sont pas accessibles aux plus pauvres, sans compter le développement du e-learning qui permet de vider tout l’enseignement supérieur africain de ses subsides puisque les plus riches accèdent même à des diplomes de grandes universités américianes par l’enseignement à distance.
    Nous sommes cetainement d’accord sur ce que les subventions agricoles européennes provoquent comme catastrophes dans les pays les plus pauvres. Mais je ne comprends vraiment pas les positions quasi idéologiques des pro-libéralisme quand on voit ce qui se passe dans le monde. Et ne me dites pas que c’est une phase transitoire du libéralisme. Au nom de quoi peut-on sacrifier des génératins entières d’humains ? D’une idéologie ? D’un avenir soi-disant meilleur (on croirait entendre l’église catholique romaine et ses grands principes « des derniers seront les premiers… »).
    Je ne suis pas plus convaincue par les prises de position également idéologiques de gens comme Michel Husson ou Antoine Math,… Ils ne donnent à voir qu’une partie de la réalité économique, celle qui répond le mieux à leur idéologie (retraites, auto-gestion,…). Je ne vous renvoie pas tous dos à dos mais j’en ai marre de ne voir que des noirs ou des blancs. J’aimerais qu’on aille chercher à la marge,dans toutes les nuances de gris et qu’on trouve des terrains qui soient communs pour avancer.
    Personne n’a raison tout seul. La France a une histoire, souvent une histoire de lutte et de résistance que beaucoup de pays n’ont pas connue. Malheureusement, cela entraine aussi des crispations et des replis sur les acquis qui sont préjudiciables à notre pays.
    Pour revenir aux services publics, je suis étonnée de votre affirmation que les services publics ne soient pas un moyen de redistribution et de solidarité. Même si la France reste engluée dans un fonctionnement complètement corporatiste exaspérant, l’évolution actuelle des services publics montre bien, par exemple dans le domaine de la santé, que nous sommes en train de passer à un système à deux vitesses totalement inéquitable. Je ne parle pas d’injustice parce qu’il n’est pas question de morale. Encore que…

  6. Yogi dit :

    @Julia : Cf cet extrait de J.-F Revel : – On confond toujours deux concepts : la croissance des inégalités – qui est réelle – , et l’appauvrissement absolu. [...] L’accroissement des écarts de richesse ne signifie pas qu’il y ait paupérisation. Je vais prendre un exemple. Si Bill Gates voit ses revenus doubler en 2001, et que les miens doublent également – ce qui est peu probable – , l’écart entre nous va se creuser. Mais mes revenus auront quand même doublé, ce dont je ne pourrai évidemment que me réjouir. Il est certain que la différence entre le revenu moyen par habitant en Europe occidentale ou en Amérique du Nord et le PIB par tête dans les autres pays s’accroît. Il n’empêche qu’en termes absolus la richesse du reste du monde a augmenté. La plupart des pays africains font exception, mais pour des raisons qui n’ont rien d’économique ; les causes en sont politiques : guerres civiles incessantes, conflits inter-étatiques, corruption, gaspillage de l’aide, etc.

    Sur http://www.politiqueinternationale.com/PI_PSO/fram_lo_02_06_en.htm

  7. julia dit :

    La démonstration est très claire mais je ne suis pas convaincue que l’enrichissement d’une minorité profite quand même aux autres classes sociales ou aux pays les plus pauvres. La richesse d’un citoyen ne se mesure pas seulement par le niveau de son salaire. Elle se mesure aussi à l’accès qu’il peut avoir à des services collectifs (je n’emploie pas publics pour éviter toute confusion idéologique), à la possibilité de se projeter dans l’avenir, lui ou ses enfants. Et là, je ne parle pas du tout de sécurité de l’emploi.
    Quand on sait qu’en prélevant la taxe Tobin (0,001 %) sur le budget visible de Clearstream, TOUS les problèmes de famine, de santé et d’éducation pourraient être résolus, on se dit que, quand même, il y a un problème dans ce monde-là…
    Pour ce qui est de l’Afrique, il ne faut oublier de mettre en parallèle aux guerres civiles, à la corruption, etc… les enjeux économiques de ce continent et les « petits » règlements de compte entre grands pays à travers les troupes rebelles de tel ou tel pays… Ce serait terriblement raciste de considérer les Africains incapables de gérer leurs crises internes. Ils les règleraient certainement plus facilement si le continent ne possédaient pas les plus grandes richesses minières du monde.

  8. julia dit :

    @yogi : Je viens de lire l’interview de JFR. Un point me surprend dans ses propos : quand on n’accepte pas le libéralisme, on est forcément anti-américain ? Une des raisons qui me mettent en colère concernant les oppositions entre pro et anti-libéraux est justement ce genre d’anathèmes lancés per les uns ou les autres pour définir l’autre camp. Quand commencera-t-on à accepter que l’autre puisse avoir une intelligence et une réflexion ? Quand pourra-t-on envisager que l’autre ne réagit pas d’une façon viscérale et limbique ? Je trouve très difficile de se faire une idée sur la réalité des choses tant les arguments développés par chaque camp sont portés par une conviction idéologique qui enlève à chacun un peu de sa sincérité pour en faire une sorte de porteur de vérité. Forcément on se sent, en tant que citoyenne lamba, manipulée par les uns et les autres…

  9. Yogi dit :

    Bien d’accord avec toi …

  10. Yogi dit :

    D’après l’édition 2006 du « BIP40″ http://www.bip40.org/fr/ : accroissement des inégalités et de la pauvreté en France en 2004.

    @Julia : aurais-tu les sources de ta phrase « en prélevant la taxe Tobin (0,001 %) sur le budget visible de Clearstream, tous les problèmes de famine, de santé et d’éducation pourraient être résolus » ?

  11. julia dit :

    J’ai lu tellement de choses ces derniers jours sur cette affaire et je n’arrive pas à retrouver l’origine de cette info. Je pense qu’elle était dans un amil reçu et aussitôt jeté. Je continue à checher mais en attendant il faut aller écouter l’émission le vif du sujet sur france culture dont l’invité était denis rbert. rès instructif…
    http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vifdusujet/fiche.php?diffusion_id=40369

  12. Admin dit :

    Merci de laisser des commentaires en rapport avec le sujet de l’article :) Tanstaafl-fr aura certainement l’occasion de se pencher sur l’affaire Clearstream dans une prochaine contribution.

  13. Julien Tolédano dit :

    Cas analyses sont totalement erronées.Malheureusement,je ne pourrai le démontrer en deux mots.En plus,ce sont des banalités…
    Sur mon site,je propose des analyses nettement plus équilibrées et qui battent en brêche ces pseudo-études économiques…

  14. enzo d'aviolo dit :

    J’adooore. c’est tou simple l’économie avec vous. Vous avez la solution c’est interessant. Bientot président?

  15. miatoumouini dit :

    la pauvrété ne peut être éliminée que par la croissance économique alors que l’inégalité est du domaine des politiques redistibutives. EXPLIQUER MOI CETTE PHRASE;

    un coeficient de gini qui augmente indique forcement une augementation du dégré d’inegalité?

  16. Jean Dubois dit :

    @miatoumouini

    Historiquement, les pays qui ont réduit les inégalités de revenu sont les pays qui ont connu la croissance économique la plus forte (les pays développés). Ce sont eux qui ont les coefficients de Gini les plus faibles (entre 0,20 et 0,35). Ca ne s’est pas fait par une redistribution des revenus entre riches et pauvres mais par une augmentation de tous les revenus (plus rapide pour les groupes de population à bas revenus).

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