Archive pour mai 2007

Vers une libération d’Ingrid Betancourt ?

Dimanche 27 mai 2007

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 et est maintenant depuis plus de 5 ans l’otage des « Forces Armées Révolutionnaires de Colombie »(FARC), une guérilla marxiste ou plus exactement une organisation terroriste qui vit de la drogue, des enlèvements, d’extorsion de fonds et qui pratique les attentats à la bonbonne de gaz sur les civils ou encore l’esclavage ou le viol (voir ce rapport de l’ONU). On estime entre 1000 et 1500 le nombre de personnes enlevées qui seraient aux mains des FARC et parmi elles une cinquantaine pourrait faire l’objet d’une libération prochaine dans le cadre d’un « accord humanitaire », consistant à échanger 500 guérilleros contre ces otages. Longtemps partisan d’une intervention armée et refusant de négocier avec les FARC, le président colombien Alvaro Uribe, peut-être « convaincu » par Nicolas Sarkozy, a donné son accord à un tel échange. On ne peut s’empêcher de poser la question suivante : faut-il négocier avec les FARC et passer un « accord humanitaire » dans lequel on cède à la violence et on encourage la pratique de l’enlèvement ? Ingrid Betancourt a elle répondu clairement à cette question. Elle ne souhaite pas être échangée et veut être libérée par l’armée. (Lire la suite…)

Le vent du changement

Vendredi 18 mai 2007

Avec la nomination du gouvernement Fillon se confirme la volonté de changement politique du nouveau Président de la République, un changement déjà visible dans l’organisation du pouvoir avec de l’inédit dans l’histoire de la Vème République. Mais au-delà des projets de réforme de Nicolas Sarkozy nous assistons à une mutation politique qui touche tous les partis et qui vient plus profondément du pays, en trouvant tout autant son expression dans la « démocratie participative » de Ségolène Royal que dans la fondation du « mouvement démocrate » de François Bayrou. La fin de l’ère Chirac marque un rajeunissement du pays, un changement de génération et peut-on espérer une modernisation durable. Les personnalités de François Mitterrand, Jacques Chirac ou Lionel Jospin reflétaient un certain anachronisme français avec des hommes n’étant en phase ni avec les idées de leur époque, que ce soit le libéralisme économique et politique du tournant des années 1980, le renouveau du modèle social-démocrate dans les années 1990, ou le néo-conservatisme des années 2000, ni avec les transformations économiques de la mondialisation et de la « troisième révolution industrielle ». Pendant les 20 dernières années, le sommet de l’Etat avait la tête dans le 19ème siècle, le modèle républicain, le socialisme comme réponse au capitalisme, la question de la nation, pendant que le pays se débattait avec les problèmes du 21ème siècle. Enfin, pourrait-on dire, le réajustement s’opère. Il risque d’être plus douloureux à gauche qu’à droite. (Lire la suite…)

Et pendant ce temps-là au Darfour

Mardi 8 mai 2007

La question du Darfour n’a pas été totalement occultée lors de la campagne de l’élection présidentielle. La victoire de Nicolas Sarkozy laisse même espérer une position officielle française plus intéressante si les propos de campagne se traduisent dans les faits pour le nouveau gouvernement. Il reste que la question du Darfour est compliquée et que l’engagement d’une partie de l’opinion publique ainsi que de figures emblématiques de la politique internationale ou du show business (à l’image de George Clooney) a peu de chances de déboucher sur du concret pour les populations martyrisées. Comme on avait pu le voir lors du génocide en Bosnie ou au Rwanda, le passage de la compassion à l’action ne va pas de soi dans des sociétés qui sont devenues allergiques à la guerre et à l’emploi de la violence légitime. Faut-il se contenter de compter les morts au Darfour ? (Lire la suite…)

La France de Sarkozy

Samedi 5 mai 2007

Même si l’élection n’a lieu que demain, il est maintenant plus que probable que le prochain président de la République s’appellera Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas une surprise au sens où depuis plusieurs années déjà son nom est en tête des enquêtes d’opinion et cela ne s’est jamais démenti durant toute la campagne. En même temps, les élections passées nous ont montré que le candidat en tête des sondages pouvait s’effondrer ou se faire dépasser par un challenger à l’approche du jour J. Ce n’aura pas été le cas pour le candidat Nicolas Sarkozy. La vraie surprise c’est en fait celle d’une large adhésion du pays à la candidature Sarkozy. Alors que beaucoup d’électeurs de gauche s’apprêtent à voter pour Ségolène Royal essentiellement pour faire « barrage » à Nicolas Sarkozy, à droite il s’agit plutôt d’un vote d’adhésion. Malgré toutes les tentatives pour le discréditer (ce qui est de bonne guerre dans le cadre d’une campagne électorale), les Français « aiment » Sarkozy (en tout cas une majorité d’entre eux). Il faut dès lors s’intéresser aux raisons profondes de cette adhésion, qui s’est manifestée par un score record au premier tour de l’élection avec presque un tiers des électeurs votant pour le candidat de l’UMP, au détriment des petits partis et des extrêmes, le tout dans le contexte d’une participation record de 85%. Le pays se reconnaît dans Nicolas Sarkozy. C’est à la fois encourageant et inquiétant, selon la facette du candidat que l’on privilégie. (Lire la suite…)