Archive pour avril 2007

La France peut-elle devenir une démocratie?

Samedi 21 avril 2007

A la veille du premier tour de l’élection présidentielle, dans laquelle le choix des Français peut se porter sur 12 candidats, il peut paraître provocant de se demander si la France est une démocratie. Et pourtant comme nous le montre l’exemple russe, la démocratie ce n’est pas si simple et ça ne saurait se résumer à l’organisation d’une élection. De nombreux pays ont des élections « démocratiques » où il n’est pas besoin de truquer outre mesure le scrutin pour voir le candidat souhaité l’emporter. La France n’illustre pas la république bananière sous la coupe d’un dictateur « élu » mais pose néanmoins la question de la réalité du régime démocratique. Le président sortant n’a-t-il pas été élu avec plus de 82% des suffrages ? Peu de réelles démocraties ont à offrir dans leur histoire un tel score, qui traduit tout simplement une absence de choix. (Lire la suite…)

Ce monde qu’ils ne comprennent pas

Vendredi 6 avril 2007

Alors que les candidats à l’élection présidentielle se battent pour obtenir les suffrages des Français en ayant recours à tout l’arsenal de la démagogie électorale (au choix, la rhétorique du vrai changement, des puissances de l’argent, du drapeau et de la patrie, du péril de la planète, de la sécurité et de l’identité nationale ou des invasions barbares), le monde change et la mondialisation se poursuit. Un phénomène sur lequel les projecteurs médiatiques sont braqués (au-delà du débat français de la présidentielle) est celui de « l’outsourcing ». Un article de l’International Herald Tribune nous met en garde de façon peu originale mais assez symptomatique contre la future vague d’outsourcing qui touchera cette fois les cadres et l’ensemble des métiers de l’entreprise, et pas seulement quelques services faisant appel à une main d’œuvre moyennement qualifiée. Dans le même état d’esprit, l’économiste Alan Blinder a signé un article dans Foreign Affairs qui a suscité un vif débat et dans lequel « l’offshoring » (l’expression est plus correcte, nous allons revenir sur le jargon de la « délocalisation ») est aussi présenté comme une menace, ou tout du moins une profonde transformation économique aux conséquences importantes pour les pays occidentaux, une « troisième révolution industrielle ». Schumpeter lui-même annonçait la fin du capitalisme quand la concurrence et la rationalisation de la production ne toucheraient plus simplement les agriculteurs et les ouvriers mais aussi les « cols blancs ». Il est intéressant de constater que les pays les plus riches de la planète (leurs dirigeants et leurs « élites ») ne comprennent pas finalement pourquoi ils sont riches. Ce qui a posteriori rend légitime le basculement de cette richesse vers d’autres régions du monde. La prophétie sera-t-elle auto-réalisatrice ? (Lire la suite…)