Commerce équitable
Vendredi 26 mai 2006Alors que les produits vendus sous le label « commerce équitable » fleurissent dans les supermarchés, des doutes apparaissent sur l’intérêt de la démarche qui consiste à faire payer le consommateur plus cher pour mieux rémunérer le « petit producteur » vivant dans un pays pauvre. Un récent documentaire, The Bitter Aftertaste (merci à Swissroll pour le lien et un intéressant post sur le sujet), remet en cause l’objectif de développement des promoteurs du commerce équitable en montrant par exemple qu’ils s’opposent à la mécanisation de la production du café au Ghana et empêchent les producteurs d’augmenter leur productivité (et ainsi leurs revenus). En mars dernier, un reportage de l’émission Capital sur M6 montrait quant à lui une coopérative de producteurs de café au Brésil certifiée commerce équitable par Max Havelaar et dont les producteurs avaient un niveau de vie plutôt surprenant (ils vivaient dans une jolie villa avec piscine). Tim Harford de son côté raconte dans son ouvrage The Undercover Economist comment le surcoût du café équitable vendu par une chaîne de cafés à Londres allait d’abord dans la poche du magasin et comment le commerce équitable est avant tout une affaire de discrimination tarifaire. Si les produits labellisés commerce équitable sont en moyenne entre 15 et 30% plus chers, la rémunération supplémentaire touchée par le producteur reste faible : le producteur de café certifié gagnerait 5 euros de plus par mois de l’aveu même de Max Havelaar –qui réalise de son côté 120 millions de chiffre d’affaire–. Ces critiques mettent le doigt sur les dérives potentielles du système et sa difficulté à remplir ses promesses. Mais il y a une critique plus fondamentale à adresser au commerce équitable. Il n’est en fait qu’une autre face du refus de l’économie de marché et à ce titre il ne peut qu’enfermer dans la pauvreté les producteurs (et les pays) qu’il prétend aider. (Lire la suite…)
