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	<title>Commentaires sur : Al-Qaida et l&#8217;Europe</title>
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	<description>Site libéral, mondialiste, contient des organismes génétiquement modifiés</description>
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		<title>Par : Acoudeyras</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-111</link>
		<dc:creator>Acoudeyras</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:41:55 +0000</pubDate>
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		<description>Non je n&#039;ai pas lu le livre de Hichens, mais j&#039;ai vu son adaptation en documentaire, &lt;a href=&quot;http://www.trialofhenrykissinger.org/&quot;&gt;The Trials of Henry Kissinger&lt;/a&gt; et j&#039;ai lu plusieurs interviews de lui. C&#039;est l&#039;un des rares à continuer de soutenir cette thèse, même Peter Kornbluh dont c&#039;était la spécialité, a plus ou moins laissé tomber. Disons qu&#039;il se contente de citations ambigues, qui ne sont pas tout à fait fausses mais dont il peut être sûr qu&#039;elles seront mal interprétées par le lecteur non averti (c&#039;est un peu comme parler du partage de la valeur ajoutée entre le travail et les profits, si vous dîtes ça à un économiste ça n&#039;a rien de génant, si vous dîtes ça à un novice en économie c&#039;est malhonnête parce que vous êtes sûr qu&#039;il va confondre &quot;profits&quot; et dividendes). Par exemple, Kornbluh déclare en se basant sur le rapport Hinchey : &quot;Son succès dans le captage de putchistes s&#039;est exprimé en octobre 1972, puisque, comme l&#039;indique le rapport, à cette date il y avait consensus entre le gouvernement américain et les forces armées Chiliennes qui avaient l&#039;intention de produire un coup d&#039;état sous peu.&quot; S&#039;il y a consensus entre le gouvernement américain et les putchistes, c&#039;est bien que les EU sont impliqués dans le coup ou du moins qu&#039;il y a une collaboration avancée. La citation exacte du rapport Hinchey est &quot;As coup rumors and planning escalated by the end of 1972, CIA exercised extreme care in all dealings with Chilean military officers and continued to monitor their activities &lt;strong&gt;but under no circumstances attempted to influence them&lt;/strong&gt;. By October 1972 the consensus &lt;strong&gt;within&lt;/strong&gt; the US government was that the military intended to launch a coup at some point, that it did not need US support for a successful coup, and &lt;strong&gt;that US intervention or assistance in a coup should be avoided&lt;/strong&gt;.&quot; Le consensus était donc &lt;strong&gt;au sein &lt;/strong&gt;du gouvernement américain et pas entre le gouvernement américain et les militaires chiliens, ce qui change tout. Ajoutons que compte-tenu des propos clairs du rapport, &quot;under no circumstances attempted to influence them&quot;, &quot;US intervention or assistance in a coup should be avoided&quot;, il est particulièrement malhonnête d&#039;utiliser le terme &quot;captage&quot; des putchistes (ce qui sous-entend qu&#039;ils étaient des pantins du gouvernement américain, alors que ce dernier n&#039;a même pas cherché à les influencer) comme le fait Kornbluh. Vous trouverez le même genre de pratiques chez les idéoloques de la &lt;a href=&quot;http://www.gwu.edu/~nsarchiv/&quot;&gt;National Security Archive&lt;/a&gt;. Par exemple sur la mort de Schneider, dans la &lt;a href=&quot;http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/nsaebb8.htm&quot;&gt;liste de documents déclassés&lt;/a&gt; fournie par la NSA vous trouverez les commentaires suivants :
&quot;Instead, on October 22, General Schneider was killed by another group of plotters the CIA had been collaborating with, led by retired General Roberto Viaux.&quot; et
&quot;The three officials discuss the possibility that the plot of one Chilean military official, Roberto Viaux, might fail with &quot;unfortunate repercussions&quot; for U.S. objectives. Kissinger orders the CIA to &quot;continue keeping the pressure on every Allende weak spot in sight.&quot;

Bref c&#039;est clair, les archives de la CIA démontrent bien que la CIA a organisé l&#039;assassinat de Schneider en utilisant Viaux. On a même 6 jours avant la mort de Schneider :
&quot;In a secret cable, CIA deputy director of plans, Thomas Karamessines, conveys Kissinger&#039;s orders to CIA station chief in Santiago, Henry Hecksher: &quot;It is firm and continuing policy that Allende be overthrown by a coup.&quot; The &quot;operating guidance&quot; makes it clear that these operations are to be conducted so as to hide the &quot;American hand,&quot; and that the CIA is to ignore any orders to the contrary from Ambassador Korry who has not been informed of Track II operations. &quot;
Le dossier est clos, c&#039;est bien la CIA qui est responsable. Pour s&#039;amuser, lisons quand même ce &quot;secret cable&quot;. Que lisons nous à la &lt;a href=&quot;http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/ch05-02.htm&quot;&gt;deuxième page&lt;/a&gt; :
&quot;After the most careful consideration it was determined that a Viaux coup attempt carried out by him alone with the forces now at his disposal would fail. Thus, it would be counterproductive to our (...) objectives. It was decided that (...) CIA get a message to Viaux warning him against precipitate action. In essence our message is to state &quot;we have reviewed our plans, and based on your information and ours, we come to the conclusion that yours plans for a coup at the time cannot succeed. Failing they may reduce your capabilities for the future. Preserve your assets.&quot;

Bref ils disent à Viaux de ne pas agir. Comprend plus. Ce sont eux qui ont organisé le truc ou ce n&#039;est pas eux ? Pourquoi la NSA ne précise par cette information capitale dans ces titres introductifs ? Z&#039;ont du pas faire bien attention. Pouvez lire une &lt;a href=&quot;http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/ch06-01.htm&quot;&gt;autre archive&lt;/a&gt; également. C&#039;est dans ce document qu&#039;on lit que Kissinger interdit à Viaux de lancer un coup d&#039;état. Malheureusement la NSA &quot;oublie&quot; de préciser ce fait dans son titre introductif... S&#039;ont pas très attentifs à la NSA. La petite histoire pour Schneider, c&#039;est que Nixon a demandé à la CIA d&#039;étudier la possibilité d&#039;organiser un coup d&#039;état. La station de la CIA à Santiago a entendu parler d&#039;un groupe, celui de Viaux, qui préparait quelque chose. Elle l&#039;a donc rencontré plusieurs fois et a fait ensuite remonter les informations obtenues à Langley, qui ont fait une évaluation et l&#039;ont transmis aux décideurs politiques, cad Kissinger et Nixon. L&#039;évaluation en question, disait que le coup ne marcherait pas et serait contre-productif. Kissinger puis Nixon ont suivi l&#039;avis de la CIA et ont donc donné l&#039;ordre de ne rien tenter. Langley a transmis cet ordre à sa station à Santiago qui l&#039;a communiqué à Viaux. Viaux a quand même décidé de passer à l&#039;acte, et lors de la tentative d&#039;enlèvement (puisqu&#039;il s&#039;agissait de cela, pas d&#039;un assassinat), Schneider a sorti son arme et a été mortellement blessé suite à un échange de coups de feu. Dire que les EU ont organisé l&#039;assassinat de Schneider est donc un peu court...

Voilà tout ce qu&#039;il reste aux tenants de cette thèse, on ne mentionne jamais les éléments contraires à la thèse et on fournit des citations tronquées et malhonnêtes, pour induire le lecteur en erreur. Quand à Hitchens, il ne prend même pas les précautions de Kornbluh et des sbires de la NSA (qui ne mentent jamais ou très peu, ils se contentent d&#039;être malhonnêtes, ils n&#039;écrivent jamais par exemple que la CIA a organisé le coup d&#039;état de 73, il laisse le lecteur le deviner tout seul...), il l&#039;affirme carrément.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Non je n&#8217;ai pas lu le livre de Hichens, mais j&#8217;ai vu son adaptation en documentaire, <a href="http://www.trialofhenrykissinger.org/">The Trials of Henry Kissinger</a> et j&#8217;ai lu plusieurs interviews de lui. C&#8217;est l&#8217;un des rares à continuer de soutenir cette thèse, même Peter Kornbluh dont c&#8217;était la spécialité, a plus ou moins laissé tomber. Disons qu&#8217;il se contente de citations ambigues, qui ne sont pas tout à fait fausses mais dont il peut être sûr qu&#8217;elles seront mal interprétées par le lecteur non averti (c&#8217;est un peu comme parler du partage de la valeur ajoutée entre le travail et les profits, si vous dîtes ça à un économiste ça n&#8217;a rien de génant, si vous dîtes ça à un novice en économie c&#8217;est malhonnête parce que vous êtes sûr qu&#8217;il va confondre &laquo;&nbsp;profits&nbsp;&raquo; et dividendes). Par exemple, Kornbluh déclare en se basant sur le rapport Hinchey : &laquo;&nbsp;Son succès dans le captage de putchistes s&#8217;est exprimé en octobre 1972, puisque, comme l&#8217;indique le rapport, à cette date il y avait consensus entre le gouvernement américain et les forces armées Chiliennes qui avaient l&#8217;intention de produire un coup d&#8217;état sous peu.&nbsp;&raquo; S&#8217;il y a consensus entre le gouvernement américain et les putchistes, c&#8217;est bien que les EU sont impliqués dans le coup ou du moins qu&#8217;il y a une collaboration avancée. La citation exacte du rapport Hinchey est &laquo;&nbsp;As coup rumors and planning escalated by the end of 1972, CIA exercised extreme care in all dealings with Chilean military officers and continued to monitor their activities <strong>but under no circumstances attempted to influence them</strong>. By October 1972 the consensus <strong>within</strong> the US government was that the military intended to launch a coup at some point, that it did not need US support for a successful coup, and <strong>that US intervention or assistance in a coup should be avoided</strong>.&nbsp;&raquo; Le consensus était donc <strong>au sein </strong>du gouvernement américain et pas entre le gouvernement américain et les militaires chiliens, ce qui change tout. Ajoutons que compte-tenu des propos clairs du rapport, &laquo;&nbsp;under no circumstances attempted to influence them&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;US intervention or assistance in a coup should be avoided&nbsp;&raquo;, il est particulièrement malhonnête d&#8217;utiliser le terme &laquo;&nbsp;captage&nbsp;&raquo; des putchistes (ce qui sous-entend qu&#8217;ils étaient des pantins du gouvernement américain, alors que ce dernier n&#8217;a même pas cherché à les influencer) comme le fait Kornbluh. Vous trouverez le même genre de pratiques chez les idéoloques de la <a href="http://www.gwu.edu/~nsarchiv/">National Security Archive</a>. Par exemple sur la mort de Schneider, dans la <a href="http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/nsaebb8.htm">liste de documents déclassés</a> fournie par la NSA vous trouverez les commentaires suivants :<br />
&laquo;&nbsp;Instead, on October 22, General Schneider was killed by another group of plotters the CIA had been collaborating with, led by retired General Roberto Viaux.&nbsp;&raquo; et<br />
&laquo;&nbsp;The three officials discuss the possibility that the plot of one Chilean military official, Roberto Viaux, might fail with &laquo;&nbsp;unfortunate repercussions&nbsp;&raquo; for U.S. objectives. Kissinger orders the CIA to &laquo;&nbsp;continue keeping the pressure on every Allende weak spot in sight.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bref c&#8217;est clair, les archives de la CIA démontrent bien que la CIA a organisé l&#8217;assassinat de Schneider en utilisant Viaux. On a même 6 jours avant la mort de Schneider :<br />
&laquo;&nbsp;In a secret cable, CIA deputy director of plans, Thomas Karamessines, conveys Kissinger&#8217;s orders to CIA station chief in Santiago, Henry Hecksher: &laquo;&nbsp;It is firm and continuing policy that Allende be overthrown by a coup.&nbsp;&raquo; The &laquo;&nbsp;operating guidance&nbsp;&raquo; makes it clear that these operations are to be conducted so as to hide the &laquo;&nbsp;American hand,&nbsp;&raquo; and that the CIA is to ignore any orders to the contrary from Ambassador Korry who has not been informed of Track II operations. &nbsp;&raquo;<br />
Le dossier est clos, c&#8217;est bien la CIA qui est responsable. Pour s&#8217;amuser, lisons quand même ce &laquo;&nbsp;secret cable&nbsp;&raquo;. Que lisons nous à la <a href="http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/ch05-02.htm">deuxième page</a> :<br />
&laquo;&nbsp;After the most careful consideration it was determined that a Viaux coup attempt carried out by him alone with the forces now at his disposal would fail. Thus, it would be counterproductive to our (&#8230;) objectives. It was decided that (&#8230;) CIA get a message to Viaux warning him against precipitate action. In essence our message is to state &laquo;&nbsp;we have reviewed our plans, and based on your information and ours, we come to the conclusion that yours plans for a coup at the time cannot succeed. Failing they may reduce your capabilities for the future. Preserve your assets.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bref ils disent à Viaux de ne pas agir. Comprend plus. Ce sont eux qui ont organisé le truc ou ce n&#8217;est pas eux ? Pourquoi la NSA ne précise par cette information capitale dans ces titres introductifs ? Z&#8217;ont du pas faire bien attention. Pouvez lire une <a href="http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB8/ch06-01.htm">autre archive</a> également. C&#8217;est dans ce document qu&#8217;on lit que Kissinger interdit à Viaux de lancer un coup d&#8217;état. Malheureusement la NSA &laquo;&nbsp;oublie&nbsp;&raquo; de préciser ce fait dans son titre introductif&#8230; S&#8217;ont pas très attentifs à la NSA. La petite histoire pour Schneider, c&#8217;est que Nixon a demandé à la CIA d&#8217;étudier la possibilité d&#8217;organiser un coup d&#8217;état. La station de la CIA à Santiago a entendu parler d&#8217;un groupe, celui de Viaux, qui préparait quelque chose. Elle l&#8217;a donc rencontré plusieurs fois et a fait ensuite remonter les informations obtenues à Langley, qui ont fait une évaluation et l&#8217;ont transmis aux décideurs politiques, cad Kissinger et Nixon. L&#8217;évaluation en question, disait que le coup ne marcherait pas et serait contre-productif. Kissinger puis Nixon ont suivi l&#8217;avis de la CIA et ont donc donné l&#8217;ordre de ne rien tenter. Langley a transmis cet ordre à sa station à Santiago qui l&#8217;a communiqué à Viaux. Viaux a quand même décidé de passer à l&#8217;acte, et lors de la tentative d&#8217;enlèvement (puisqu&#8217;il s&#8217;agissait de cela, pas d&#8217;un assassinat), Schneider a sorti son arme et a été mortellement blessé suite à un échange de coups de feu. Dire que les EU ont organisé l&#8217;assassinat de Schneider est donc un peu court&#8230;</p>
<p>Voilà tout ce qu&#8217;il reste aux tenants de cette thèse, on ne mentionne jamais les éléments contraires à la thèse et on fournit des citations tronquées et malhonnêtes, pour induire le lecteur en erreur. Quand à Hitchens, il ne prend même pas les précautions de Kornbluh et des sbires de la NSA (qui ne mentent jamais ou très peu, ils se contentent d&#8217;être malhonnêtes, ils n&#8217;écrivent jamais par exemple que la CIA a organisé le coup d&#8217;état de 73, il laisse le lecteur le deviner tout seul&#8230;), il l&#8217;affirme carrément.</p>
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	<item>
		<title>Par : Taranne</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-110</link>
		<dc:creator>Taranne</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:40:25 +0000</pubDate>
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		<description>Je me rappelle que le Nouvel Obs, lors de l&#039;ouverture au public des archives de la CIA concernant le coup d&#039;état de 1973, n&#039;avait pas hésité à maintenir la thèse de la participation américaine, et ce alors même qu&#039;aucun document cité ne l&#039;appuyait de façon évidente. Malheureusement, le livre de Christopher Hichens sur Kissinger a redonné une nouvelle jeunesse au mythe... A propos, l&#039;avez-vous lu? Qu&#039;en pensez-vous?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je me rappelle que le Nouvel Obs, lors de l&#8217;ouverture au public des archives de la CIA concernant le coup d&#8217;état de 1973, n&#8217;avait pas hésité à maintenir la thèse de la participation américaine, et ce alors même qu&#8217;aucun document cité ne l&#8217;appuyait de façon évidente. Malheureusement, le livre de Christopher Hichens sur Kissinger a redonné une nouvelle jeunesse au mythe&#8230; A propos, l&#8217;avez-vous lu? Qu&#8217;en pensez-vous?</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Elliot Durden</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-109</link>
		<dc:creator>Elliot Durden</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:39:23 +0000</pubDate>
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		<description>Sur Fukuyama, il releve lui-même la tendance des citoyens de la démocratie libérale à cracher dans sa soupe. Les pages sur les questions de pauvreté, de défense des animaux etc. peuvent être reinterprétées à l&#039;aune de ce que l&#039;on constate chez la masse visiblement insatisfaite d&#039;elle-même en tant qu&#039;occidentale. Si on suit Fukuyama, pas de quoi s&#039;inquiéter. Sinon, on revient à 1930...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Sur Fukuyama, il releve lui-même la tendance des citoyens de la démocratie libérale à cracher dans sa soupe. Les pages sur les questions de pauvreté, de défense des animaux etc. peuvent être reinterprétées à l&#8217;aune de ce que l&#8217;on constate chez la masse visiblement insatisfaite d&#8217;elle-même en tant qu&#8217;occidentale. Si on suit Fukuyama, pas de quoi s&#8217;inquiéter. Sinon, on revient à 1930&#8230;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Elliot Durden</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-108</link>
		<dc:creator>Elliot Durden</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:38:31 +0000</pubDate>
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		<description>Une chose me frappe en lisant votre texte (auquel je ne vois pas énormément à redire dans les grandes lignes, et pour cause... j&#039;y viens...) : il est d&#039;une grande banalité. Ne prenez pas cela comme une critique, je vous vois juste en Sisyphe, qui remonte une pierre qui vaut le coup d&#039;être ramenée où elle tronait.
Je me demande simplement combien de temps encore il faudra lire et écrire ce genre de choses pour qu&#039;elle soient acquises.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Une chose me frappe en lisant votre texte (auquel je ne vois pas énormément à redire dans les grandes lignes, et pour cause&#8230; j&#8217;y viens&#8230;) : il est d&#8217;une grande banalité. Ne prenez pas cela comme une critique, je vous vois juste en Sisyphe, qui remonte une pierre qui vaut le coup d&#8217;être ramenée où elle tronait.<br />
Je me demande simplement combien de temps encore il faudra lire et écrire ce genre de choses pour qu&#8217;elle soient acquises.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Jean Dubois</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-107</link>
		<dc:creator>Jean Dubois</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:37:29 +0000</pubDate>
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		<description>Non, il n&#039;y a plus vraiment de marxistes ou d&#039;intellectuels défendant une forme de totalitarisme, mais ce que je relève est plutôt l&#039;inertie des schémas de pensée et la filiation. Les totalitarismes du XXème siècle ont été l&#039;aboutissement des courants intellectuels du XIXème qui se sont opposés à la démocratie libérale. Ce que l&#039;on voit aujourd&#039;hui c&#039;est que la démocratie libérale a tout autant d&#039;adversaires dans nos sociétés qu&#039;hier et qu&#039;en ce sens on pourrait remettre en cause la thèse de Fukuyama sur la fin de l&#039;histoire (dans sa vraie signification et pas la caricature qui en a été faite). Ben Laden et le fondamentalisme islamique peuvent apparaître comme un ultime sursaut totalitaire dans un monde progressant vers une démocratie libérale universelle, ce serait la version optimiste confortant l&#039;idée de Fukuyama. Les Etats-Unis important ce modèle politique en Irak pourraient faire la démonstration dans le monde musulman de sa meilleure capacité à répondre aux aspirations de la population et ainsi (sans exclure des retours en arrière ponctuels et des soubresauts) la démocratie progresserait. Or on peut s&#039;interroger sur ce scénario optimiste. Ce que l&#039;on voit en Europe et ce que j&#039;appelais la &quot;sympathie&quot; pour Ben Laden c&#039;est non pas un penchant pour le totalitarisme mais le fait qu&#039;une alternative à la démocratie libérale, aussi affreuse soit-elle à l&#039;instar du régime des Talibans, soulève des espoirs. Il y a eu un véritable émerveillement chez beaucoup d&#039;intellectuels français le 11 septembre 2001 devant l&#039;effondrement des deux tours du World Trade Center car ils y voyaient l&#039;effondrement d&#039;un modèle politique qu&#039;ils refusent. Bien sûr ils ne veulent sans doute pas d&#039;un régime taliban, stalinien ou national-socialiste en France mais ils sont prêts à rester neutres dans la guerre entre la démocratie libérale américaine et le fondamentalisme islamique et rêvent secrètement d&#039;une victoire de ce dernier à titre symbolique pour conforter leur viscérale opposition au modèle politique américain. Ce sont ces types de comportements qui ont permis aux totalitarismes d&#039;arriver au pouvoir. &quot;The only thing needed for evil to prevail is for enough good men to do nothing&quot; nous rappelait récemment le téléfilm diffusé en France sur Adolf Hitler (une citation d&#039;Edmund Burke). Mon propos n&#039;est pas de prophétiser sur cette base un retour du totalitarisme, les époques sont différentes, mais rien de bon ne peut sortir d&#039;un pays dont les élites s&#039;opposent à la démocratie libérale et cherchent des formes politiques alternatives au mépris du sort des citoyens. Surtout qu’il s’agit d’un penchant pas seulement français ou européen mais d’une tendance mondiale. A la CNUCED est par exemple en ce moment discuté le concept de « nationalisme ouvert » tandis que le mouvement altermondialiste progresse et s’exporte vers les pays en développement. Les courants nationalistes et socialistes sont en train de muter et tentent de s’adapter au contexte de la globalisation. Dans votre typologie des intellectuels français, ce qui est intéressant est qu’ils sont finalement tous « libéraux » (j’ai pour ma part du mal à distinguer Tocqueville et le libéralisme) tout en haïssant tous le libéralisme. Ce qui me semble assez juste : le libéralisme comme la mondialisation est aujourd’hui une sorte d’élément incontournable à intégrer dans toute réflexion politique. Mais ils sont ainsi pour moi des libéraux par défaut à la recherche de formes politiques nouvelles et comme on ne fait jamais du nouveau qu’à partir de l’ancien, ils puisent dans les traditions socialistes et nationalistes qui ont presque réussi au XXème siècle à venir à bout des démocraties libérales. Les mêmes causes ne créent pas forcément les mêmes effets et je le redis les époques sont différentes, néanmoins je crois que la conjonction de ces mouvements d’idées dont l’objectif est de torpiller la démocratie libérale avec un terrorisme islamique qui la combat physiquement rend notre époque dangereuse et comme le relevait Jubal-Harshaw comparable à l’Europe des années 1930 qui était aussi une période de doutes sur la démocratie libérale et d’essor de modèles politiques concurrents. Entre-temps la démocratie libérale a permis d’élever le niveau de vie et l’espérance de vie de millions de personnes, c’est aussi important de rappeler ce que sont prêts à perdre ceux qui la combattent aujourd’hui.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Non, il n&#8217;y a plus vraiment de marxistes ou d&#8217;intellectuels défendant une forme de totalitarisme, mais ce que je relève est plutôt l&#8217;inertie des schémas de pensée et la filiation. Les totalitarismes du XXème siècle ont été l&#8217;aboutissement des courants intellectuels du XIXème qui se sont opposés à la démocratie libérale. Ce que l&#8217;on voit aujourd&#8217;hui c&#8217;est que la démocratie libérale a tout autant d&#8217;adversaires dans nos sociétés qu&#8217;hier et qu&#8217;en ce sens on pourrait remettre en cause la thèse de Fukuyama sur la fin de l&#8217;histoire (dans sa vraie signification et pas la caricature qui en a été faite). Ben Laden et le fondamentalisme islamique peuvent apparaître comme un ultime sursaut totalitaire dans un monde progressant vers une démocratie libérale universelle, ce serait la version optimiste confortant l&#8217;idée de Fukuyama. Les Etats-Unis important ce modèle politique en Irak pourraient faire la démonstration dans le monde musulman de sa meilleure capacité à répondre aux aspirations de la population et ainsi (sans exclure des retours en arrière ponctuels et des soubresauts) la démocratie progresserait. Or on peut s&#8217;interroger sur ce scénario optimiste. Ce que l&#8217;on voit en Europe et ce que j&#8217;appelais la &laquo;&nbsp;sympathie&nbsp;&raquo; pour Ben Laden c&#8217;est non pas un penchant pour le totalitarisme mais le fait qu&#8217;une alternative à la démocratie libérale, aussi affreuse soit-elle à l&#8217;instar du régime des Talibans, soulève des espoirs. Il y a eu un véritable émerveillement chez beaucoup d&#8217;intellectuels français le 11 septembre 2001 devant l&#8217;effondrement des deux tours du World Trade Center car ils y voyaient l&#8217;effondrement d&#8217;un modèle politique qu&#8217;ils refusent. Bien sûr ils ne veulent sans doute pas d&#8217;un régime taliban, stalinien ou national-socialiste en France mais ils sont prêts à rester neutres dans la guerre entre la démocratie libérale américaine et le fondamentalisme islamique et rêvent secrètement d&#8217;une victoire de ce dernier à titre symbolique pour conforter leur viscérale opposition au modèle politique américain. Ce sont ces types de comportements qui ont permis aux totalitarismes d&#8217;arriver au pouvoir. &laquo;&nbsp;The only thing needed for evil to prevail is for enough good men to do nothing&nbsp;&raquo; nous rappelait récemment le téléfilm diffusé en France sur Adolf Hitler (une citation d&#8217;Edmund Burke). Mon propos n&#8217;est pas de prophétiser sur cette base un retour du totalitarisme, les époques sont différentes, mais rien de bon ne peut sortir d&#8217;un pays dont les élites s&#8217;opposent à la démocratie libérale et cherchent des formes politiques alternatives au mépris du sort des citoyens. Surtout qu’il s’agit d’un penchant pas seulement français ou européen mais d’une tendance mondiale. A la CNUCED est par exemple en ce moment discuté le concept de « nationalisme ouvert » tandis que le mouvement altermondialiste progresse et s’exporte vers les pays en développement. Les courants nationalistes et socialistes sont en train de muter et tentent de s’adapter au contexte de la globalisation. Dans votre typologie des intellectuels français, ce qui est intéressant est qu’ils sont finalement tous « libéraux » (j’ai pour ma part du mal à distinguer Tocqueville et le libéralisme) tout en haïssant tous le libéralisme. Ce qui me semble assez juste : le libéralisme comme la mondialisation est aujourd’hui une sorte d’élément incontournable à intégrer dans toute réflexion politique. Mais ils sont ainsi pour moi des libéraux par défaut à la recherche de formes politiques nouvelles et comme on ne fait jamais du nouveau qu’à partir de l’ancien, ils puisent dans les traditions socialistes et nationalistes qui ont presque réussi au XXème siècle à venir à bout des démocraties libérales. Les mêmes causes ne créent pas forcément les mêmes effets et je le redis les époques sont différentes, néanmoins je crois que la conjonction de ces mouvements d’idées dont l’objectif est de torpiller la démocratie libérale avec un terrorisme islamique qui la combat physiquement rend notre époque dangereuse et comme le relevait Jubal-Harshaw comparable à l’Europe des années 1930 qui était aussi une période de doutes sur la démocratie libérale et d’essor de modèles politiques concurrents. Entre-temps la démocratie libérale a permis d’élever le niveau de vie et l’espérance de vie de millions de personnes, c’est aussi important de rappeler ce que sont prêts à perdre ceux qui la combattent aujourd’hui.</p>
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		<title>Par : Acoudeyras</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-106</link>
		<dc:creator>Acoudeyras</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:31:05 +0000</pubDate>
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		<description>Je ne serais peut-être pas tout à fait dans la tonalité du site, mais je pense que les fondements de la vision française de la politique étrangère des EU sont beaucoup plus complexes que les tentations totalitaires de nos intellectuels.

Premièrement je pense que les intellectuels français, ou du moins, la haute intelligencia (celle qui anime des emissions sur France-Culture, écrit des éditoriaux dans les grands périodiques, dirige ou écrit dans des revues prestigieuses, ...), a tiré les leçons du totalitarisme. La preuve en est que je suis incapable de citer un membre de ce que j&#039;appelle la haute intelligencia qui soutienne activement le mouvement altermondialiste (qui n&#039;est d&#039;ailleurs pas totalitaire). Les intellectuels français acceptent la critique du système &quot;dominant&quot; mais ils considèrent toute diatribe sans contre-proposition sérieuse pour remedier au problème décrit comme non pertinente. Je pense que le mouvement altermondialiste leur rappelle par bien des aspects (notamment les grands idéaux et les mots creux) leurs positions de leur jeunesse (quand ils étaient trotkistes, situationnistes, maoistes, ...), et à ce titre ils ne s&#039;y joindront pas. L&#039;influence d&#039;un Bourdieu par exemple, notamment son attitude vis à vis des médias, me semble beaucoup plus forte auprès de la petite bourgeoisie d&#039;état, les intellectuels de niveau faible à moyen (universitaires peu connus, professeurs, artistes, ...), que des grands intellectuels.

Je ne suis même pas convaincu par la thèse que soutient Boudon dans son dernier livre, &quot;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2738113982/171-5911253-9361809&quot;&gt;Pourquoi les intellectuels n&#039;aiment pas le libéralisme&lt;/a&gt;&quot; (j&#039;ai uniquement lu son article du même nom dans la revue Commentaire n°104). Je pense qu&#039;on peut classer les grands intellectuels français en deux catégories :

1) les pro-européens, plutôt libéraux au sens traditionnel du terme.

2) les Tocquevilliens. Personnellement j&#039;exclus Tocqueville des libéraux, mais je conviens que c&#039;est discutable, tout dépend de ce qu&#039;on entend par libéralisme. Disons tous ceux qui s&#039;inquiètent de la confiscation de la Politique au profit des technocrates et du mouvement social.

Dit autrement, je pense que la ligne de fracture entre les intellectuels français est bien d&#039;avantage ex-fondation Saint-Simon versus ex-Fondation Marc Bloch (devenue fondation du 2 mars), que libéraux versus la fondation Copernic (que je pense totalement marginale dans les hauts cénables). Ou alors pour reprendre l&#039;expression d&#039;Hassner sur les divisions du gouvernement Jospin, lilis (libéraux-libertaires) vs bobos (bolchéviques-bonapartistes à ne pas confondre avec les bourgeois-bohèmes de David Brooks), même si je trouve que l&#039;expression est un peu sévère pour les bobos (voir plus bas, elle n&#039;inclut pas à mon avis, que les nostalgiques du Ceres). Pour prendre des exemples concrets, je classe Commentaire, Esprit, Le Monde, l&#039;Express et le Point dans la première catégorie et le Débat ainsi que Marianne dans la seconde. Libération, le Figaro et le Nouvel Obs sont partagés entre les deux courants.

Alors certes on peut dire que la seconde catégorie inclu des anti-libéraux forcenés (Debray, Gallo, Todd, JFK, ...), mais pas seulement. Taguieff ou Finkielkraut (qui certes n&#039;appartient pas à la fondation du 2 mars et a des amitiés des deux côtés, mais que je classe quand même dans la catégorie des &quot;Tocquevilliens&quot;) par exemple ne font pas partie de ce sous-courant.

Pour en revenir aux EU, ces deux courants, ont une attitude ambigue à son égard. Je pense que la plupart des membres de la catégorie 1 sont plutôt américanophiles, néanmoins, s&#039;ils adorent l&#039;amérique de la côte-est, ils haissent celle de la Bible Belt incarnée selon eux par George W. Bush. Quoique puissent être leurs sentiments vis à vis des EU, ils aspirent à une Europe Puissance, qui serait un contre-poids aux EU. Ils sont plutôt pro-mondialisation et défendent les grandes institutions internationales (BM et ONU principalement, un peu moins le FMI quand même). La catégorie 2 est plus hostile aux américains, ils n&#039;aiment pas particulièrement la mondialisation (ils préfèrent l&#039;internationalisation, cad que les états gardent leurs prérogatives) dont ils estiment qu&#039;elle bénéfice en premier lieu aux EU. Je pense que dans cette catégorie d&#039;intellectuels, vous pouvez mettre une partie de vos &quot;totalitaires&quot;, même si je ne pense pas que le marxisme soit un élément d&#039;explication si pertinent que cela (le nationalisme ou le gaullisme en sont d&#039;autres).

Ces deux mouvements se sont retrouvés pendant la guerre en Irak, les premiers principalement parce qu&#039;ils n&#039;aimaient pas la personnalité de George W. Bush (Bible Belt) et parce que Bush était pour eux sur bien des points l&#039;équivalent des bobos qu&#039;ils combattaient en France (par exemple vis à vis de l&#039;Onu), les seconds du fait de leur penchant anti-américain nettement plus prononcé (sauf pour Taguieff et Finkielkraut), ont suivi le mouvement.

Au sujet de la réécriture de l&#039;histoire, je pense que le problème en France c&#039;est bien d&#039;avantage son absence. Les convictions sur l&#039;intervention américaine au Chili par exemple sont apparues dans les années 70, et à l&#039;époque on pouvait croire à une implication des EU (il y avait eu le &lt;a href=&quot;http://foia.state.gov/Reports/ChurchReport.asp&quot;&gt;rapport Church&lt;/a&gt;, mais on pouvait penser que ça ne pesait pas lourd). Après la parution des mémoires de Kissinger, on pouvait toujours croire qu&#039;il se contentait de défendre sa peau, et qu&#039;il n&#039;allait pas lui-même s&#039;accuser. Certes en étudiant sérieusement le dossier on pouvait déjà conclure à l&#039;absence d&#039;implication américaine, mais le raisonnement pour défendre cette thèse était à mon avis trop complexe pour remettre en cause le paradigme dominant. Aujourd&#039;hui avec l&#039;ouverture totale des &lt;a href=&quot;http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp&quot;&gt;archives&lt;/a&gt; sous Clinton, il serait facile de prouver l&#039;absence d&#039;intervention américaine, mais justement la diffusion des travaux historiques sur les EU en France est trop confidentielle pour avoir un poids important dans les hauts cénacles. Il faut dire aussi que la conviction est tellement forte, qu&#039;il est difficile d&#039;aller contre, par exemple Catherine Durandin dans &lt;a href=&quot;http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp&quot;&gt;La CIA en guerre&lt;/a&gt;, démontre qu&#039;elle connait assez bien son sujet sur le Chili (elle dit quelques conneries notamment dans ses traductions de propos de Kissinger mais c&#039;est anecdotique). Elle a lu les mémoires de Kissinger, celles de Nixon, vu le documentaire &lt;a href=&quot;http://www.pbs.org/newshour/bb/latin_america/chile/&quot;&gt;Politics in Chile&lt;/a&gt; de l&#039;emission NewsHour sur PBS ainsi que le &lt;a href=&quot;http://www.fas.org/irp/cia/product/chile/&quot;&gt;rapport Hinchey&lt;/a&gt;. Certes pour une historienne on pourrait trouver regrétable qu&#039;elle se contente de sources de secondes mains (mais de qualité) plutôt que de se pencher dans les &lt;a href=&quot;http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp&quot;&gt;archives&lt;/a&gt;, je ne suis pas historien et j&#039;en ai déjà lu plus qu&#039;elle sur le sujet, mais c&#039;est déjà un effort suffisament rare en France pour être souligné. Catherine Durandin donc, choisi comme angle d&#039;analyse le dogme admis jusqu&#039;ici et elle n&#039;écrit jamais clairement que la CIA n&#039;y a pas participé, elle fait tout son possible pour laisser plâner le doute (cad que si vous êtes convaincu a priori d&#039;une participation de la CIA vous n&#039;avez aucun élément dans le livre de Durandin qui vous permette de changer d&#039;avis). Elle va chercher avant tout toutes les traces d&#039;implication des EU plutôt que de proposer une perspective plus large. Par exemple elle note que selon le rapport Hinchey, la CIA reconnait avoir été au courant du coup d&#039;état, ce que quelqu&#039;un qui admet la théorie de la participation va considérer comme une preuve formelle. Mais avoir une information comme quoi un coup d&#039;état va avoir lieu ne signifie pas qu&#039;on croit que ce coup d&#039;état va avoir lieu (et encore moins qu&#039;on y participe, Durandin &quot;oublie&quot; de préciser que &quot;it was aware of coup-plotting by the military&quot; dans le rapport Hinchey, est précédé de &quot;Although CIA did not instigate the coup that ended Allende&#039;s government on 11 September 1973&quot;...). La CIA a eu une information de ce type c&#039;est exact, mais l&#039;histoire démontre que cela ne suffit pas pour qu&#039;on conclut que le gouvernement américain savait que le coup d&#039;état allait avoir lieu. La CIA a t elle pris au sérieux cette information (elle avait des éléments pour le 11 septembre, elle ne les a pas pris au sérieux) ? L&#039;a t elle communiqué aux dirigeants en temps et en heure (Pearl Harbor) ? N&#039;y a t il pas eu des problèmes bureaucratiques qui ont empéché l&#039;information de circuler correctement (Pearl Harbor toujours et 11 septembre également) ? Si elle avait parcouru les archives, elle aurait vu que ce n&#039;était pas la première rumeur de coup d&#039;état, il y en a eu une bonne dizaine si ce n&#039;est plus (je n&#039;ai fait qu&#039;une recherche rapide) entre 1970 et 1973, aussi bien à gauche qu&#039;à droite. Elle a lu &quot;A la maison blanche&quot;, mais je ne sais pas si elle a lu la suite, &quot;Les Années orageuses&quot;, si c&#039;était le cas, elle aurait pu parler du compte-tenu que fait l&#039;ambasseur au chili Nathaniel Davis à Kissinger juste avant le coup d&#039;état &quot;In Chile you can never count on anything, but the odds are in favor of a coup, though I can&#039;t give you any time frame.&quot;, ce qui montre bien qu&#039;ils n&#039;étaient pas sûr qu&#039;il aurait lieu et encore moins pour la date. Pour des gens qui sont si ce n&#039;est impliqué, du moins fortement lié à l&#039;establishement militaire chilien, c&#039;est quand même étonnant qu&#039;ils ne connaissent même pas la date du coup d&#039;état... Elle aurait d&#039;ailleurs pour ajouter la suite de la conservation entre Davis et Kissinger. Kissinger: &quot;We are going to stay out of that, I assume.&quot; Davis: &quot;Yes. My firm instructions to everybody on the staff are that we are not to involve ourselves in any way. . . . Our biggest problem is to keep from getting caught in the middle.&quot;...

Bref tout ça pour dire que le problème des intellectuels français, c&#039;est qu&#039;ils résonnent sur les EU à partir de clichés. On pourrait prendre d&#039;autres exemples, celui de la &quot;porte ouverte&quot; dans les universités américaines. Dans les années 80, les pro-américains utilisaient &quot;la porte ouverte&quot; pour montrer que le système universitaire américain était beaucoup plus ouvert qu&#039;en Europe. Les profs gardaient leurs portes ouvertes ils étaient donc facilement accessibles par les étudiants, la relation maître-élève était donc moins hierarchiquement pesante. Milieu des années 90, avec la mode de l&#039;anti-politiquement correct et de l&#039;anti-féminisme, cette &quot;porte ouverte&quot; est devenue le symbole des délires du féminisme. Les professeurs américains étaient obligés de garder leurs portes ouvertes dans les universités quand ils étaient avec des étudiants pour que personne ne puisse les soupçonner d&#039;abus sexuels. Sans compter que ces &quot;portes ouvertes&quot;, permettaient de faire un jeu de mot intéressant, par exemple &quot;c&#039;est la porte ouverte aux pires abus&quot;. Tout un débat donc, autour d&#039;un cliché bétête qu&#039;on utilise d&#039;un côté puis de l&#039;autre. Ca ne me semble néanmoins ni typique des marxisants, ni typique des français. Tous les peuples connaissent souvent mal les autres pays, et ils se contentent de clichés pour les analyser. Le cliché de la France antisémite par exemple, fait fureur aux EU. Seul Tony Judt (qui n&#039;est pourtant pas ma tasse de thé) y a apporté une réponse pertinente dans son article &lt;a href=&quot;http://www.nybooks.com/articles/article-preview?article_id=16151&quot;&gt;The Way We Live Now&lt;/a&gt; (l&#039;article est payant mais je peux fournir une copie gratuite si quelqu&#039;un le souhaite), dans la NY Review of Books. La différence entre la vision des américains sur l&#039;Europe et celle des européens sur les EU, c&#039;est que ces derniers sont persuadés de connaître parfaitement les EU (tous les intellectuels parlent des EU parce que même s&#039;en s&#039;être penchés attentivement sur le sujet ils pensent connaître le pays, ils écrivent beaucoup moins sur la Chine parce qu&#039;ils se rendent compte que là, comme pour tous les pays, il faut des compétences) alors que les intellectuels américains sont beaucoup plus prudents (comme nous sur la Chine).

Tout ça pour dire que les interprétations erronées de la politique étrangère américaine ne me semblent pas relever du totalitarisme. A la rigueur lors de leur création, avec le fort mouvement marxiste de l&#039;époque, et encore. Mais selon moi le processus est plutôt le suivant :

1) Des journalistes et des éditoralistes écrivent en temps réel sur les EU des articles accrocheurs (des coups d&#039;états à gogo, des grands plans pour dominer le monde, c&#039;est vendeur), et qui vont dans le sens des clichés entretenus sur les EU (le pétrole et la Grande Politique par exemple). Les théories plus complexes ne sont pas prises en compte, premièrement parce que plus complexes justement et deuxièmement parce qu&#039;elles ne collent pas aux clichés (toute explication complexe ne peut coller à un cliché).

2) Ces théories ne sont pas remises en cause en temps réel, tout simplement parce que vous pouvez écrire n&#039;importe quoi sur les EU beaucoup de gens vous croiront (parce qu&#039;ils n&#039;y connaissent rien) et ne seront même pas prudents avec vos théories (parce qu&#039;ils sont persuadés d&#039;y connaître quelque chose).

3) Les travaux sérieux aux EU ne sont pas ou peu lus en Europe (notamment parce que pas traduits, par exemple le meilleur livre sur la guerre du Golfe &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/0316321001/171-5911253-9361809&quot;&gt;The General&#039;s War: The Inside Story of the Conflict in the Gulf&lt;/a&gt; est toujours inaccessible pour les lecteurs francophones, ils devront se contenter de très mauvais livres écrits par des auteurs français). Les clichés ne sont donc pas remis en cause.

Mais ça ne concerne pas que les EU, les intellectuels ont des clichés sur tout le monde. Par exemple sur les musulmans, inaptes à la démocratie (exit le Mali, le Sénégal, l&#039;Indonésie, le Bangladesh pour ne prendre que des exemples consensuels). Peut-être que l&#039;intellectuel à la française est beaucoup plus susceptible de tomber dans ces travers que l&#039;intellectuel à l&#039;anglaise (plus spécialisé), mais ça ne relève pas non plus du marxisme.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne serais peut-être pas tout à fait dans la tonalité du site, mais je pense que les fondements de la vision française de la politique étrangère des EU sont beaucoup plus complexes que les tentations totalitaires de nos intellectuels.</p>
<p>Premièrement je pense que les intellectuels français, ou du moins, la haute intelligencia (celle qui anime des emissions sur France-Culture, écrit des éditoriaux dans les grands périodiques, dirige ou écrit dans des revues prestigieuses, &#8230;), a tiré les leçons du totalitarisme. La preuve en est que je suis incapable de citer un membre de ce que j&#8217;appelle la haute intelligencia qui soutienne activement le mouvement altermondialiste (qui n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas totalitaire). Les intellectuels français acceptent la critique du système &laquo;&nbsp;dominant&nbsp;&raquo; mais ils considèrent toute diatribe sans contre-proposition sérieuse pour remedier au problème décrit comme non pertinente. Je pense que le mouvement altermondialiste leur rappelle par bien des aspects (notamment les grands idéaux et les mots creux) leurs positions de leur jeunesse (quand ils étaient trotkistes, situationnistes, maoistes, &#8230;), et à ce titre ils ne s&#8217;y joindront pas. L&#8217;influence d&#8217;un Bourdieu par exemple, notamment son attitude vis à vis des médias, me semble beaucoup plus forte auprès de la petite bourgeoisie d&#8217;état, les intellectuels de niveau faible à moyen (universitaires peu connus, professeurs, artistes, &#8230;), que des grands intellectuels.</p>
<p>Je ne suis même pas convaincu par la thèse que soutient Boudon dans son dernier livre, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2738113982/171-5911253-9361809">Pourquoi les intellectuels n&#8217;aiment pas le libéralisme</a>&nbsp;&raquo; (j&#8217;ai uniquement lu son article du même nom dans la revue Commentaire n°104). Je pense qu&#8217;on peut classer les grands intellectuels français en deux catégories :</p>
<p>1) les pro-européens, plutôt libéraux au sens traditionnel du terme.</p>
<p>2) les Tocquevilliens. Personnellement j&#8217;exclus Tocqueville des libéraux, mais je conviens que c&#8217;est discutable, tout dépend de ce qu&#8217;on entend par libéralisme. Disons tous ceux qui s&#8217;inquiètent de la confiscation de la Politique au profit des technocrates et du mouvement social.</p>
<p>Dit autrement, je pense que la ligne de fracture entre les intellectuels français est bien d&#8217;avantage ex-fondation Saint-Simon versus ex-Fondation Marc Bloch (devenue fondation du 2 mars), que libéraux versus la fondation Copernic (que je pense totalement marginale dans les hauts cénables). Ou alors pour reprendre l&#8217;expression d&#8217;Hassner sur les divisions du gouvernement Jospin, lilis (libéraux-libertaires) vs bobos (bolchéviques-bonapartistes à ne pas confondre avec les bourgeois-bohèmes de David Brooks), même si je trouve que l&#8217;expression est un peu sévère pour les bobos (voir plus bas, elle n&#8217;inclut pas à mon avis, que les nostalgiques du Ceres). Pour prendre des exemples concrets, je classe Commentaire, Esprit, Le Monde, l&#8217;Express et le Point dans la première catégorie et le Débat ainsi que Marianne dans la seconde. Libération, le Figaro et le Nouvel Obs sont partagés entre les deux courants.</p>
<p>Alors certes on peut dire que la seconde catégorie inclu des anti-libéraux forcenés (Debray, Gallo, Todd, JFK, &#8230;), mais pas seulement. Taguieff ou Finkielkraut (qui certes n&#8217;appartient pas à la fondation du 2 mars et a des amitiés des deux côtés, mais que je classe quand même dans la catégorie des &laquo;&nbsp;Tocquevilliens&nbsp;&raquo;) par exemple ne font pas partie de ce sous-courant.</p>
<p>Pour en revenir aux EU, ces deux courants, ont une attitude ambigue à son égard. Je pense que la plupart des membres de la catégorie 1 sont plutôt américanophiles, néanmoins, s&#8217;ils adorent l&#8217;amérique de la côte-est, ils haissent celle de la Bible Belt incarnée selon eux par George W. Bush. Quoique puissent être leurs sentiments vis à vis des EU, ils aspirent à une Europe Puissance, qui serait un contre-poids aux EU. Ils sont plutôt pro-mondialisation et défendent les grandes institutions internationales (BM et ONU principalement, un peu moins le FMI quand même). La catégorie 2 est plus hostile aux américains, ils n&#8217;aiment pas particulièrement la mondialisation (ils préfèrent l&#8217;internationalisation, cad que les états gardent leurs prérogatives) dont ils estiment qu&#8217;elle bénéfice en premier lieu aux EU. Je pense que dans cette catégorie d&#8217;intellectuels, vous pouvez mettre une partie de vos &laquo;&nbsp;totalitaires&nbsp;&raquo;, même si je ne pense pas que le marxisme soit un élément d&#8217;explication si pertinent que cela (le nationalisme ou le gaullisme en sont d&#8217;autres).</p>
<p>Ces deux mouvements se sont retrouvés pendant la guerre en Irak, les premiers principalement parce qu&#8217;ils n&#8217;aimaient pas la personnalité de George W. Bush (Bible Belt) et parce que Bush était pour eux sur bien des points l&#8217;équivalent des bobos qu&#8217;ils combattaient en France (par exemple vis à vis de l&#8217;Onu), les seconds du fait de leur penchant anti-américain nettement plus prononcé (sauf pour Taguieff et Finkielkraut), ont suivi le mouvement.</p>
<p>Au sujet de la réécriture de l&#8217;histoire, je pense que le problème en France c&#8217;est bien d&#8217;avantage son absence. Les convictions sur l&#8217;intervention américaine au Chili par exemple sont apparues dans les années 70, et à l&#8217;époque on pouvait croire à une implication des EU (il y avait eu le <a href="http://foia.state.gov/Reports/ChurchReport.asp">rapport Church</a>, mais on pouvait penser que ça ne pesait pas lourd). Après la parution des mémoires de Kissinger, on pouvait toujours croire qu&#8217;il se contentait de défendre sa peau, et qu&#8217;il n&#8217;allait pas lui-même s&#8217;accuser. Certes en étudiant sérieusement le dossier on pouvait déjà conclure à l&#8217;absence d&#8217;implication américaine, mais le raisonnement pour défendre cette thèse était à mon avis trop complexe pour remettre en cause le paradigme dominant. Aujourd&#8217;hui avec l&#8217;ouverture totale des <a href="http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp">archives</a> sous Clinton, il serait facile de prouver l&#8217;absence d&#8217;intervention américaine, mais justement la diffusion des travaux historiques sur les EU en France est trop confidentielle pour avoir un poids important dans les hauts cénacles. Il faut dire aussi que la conviction est tellement forte, qu&#8217;il est difficile d&#8217;aller contre, par exemple Catherine Durandin dans <a href="http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp">La CIA en guerre</a>, démontre qu&#8217;elle connait assez bien son sujet sur le Chili (elle dit quelques conneries notamment dans ses traductions de propos de Kissinger mais c&#8217;est anecdotique). Elle a lu les mémoires de Kissinger, celles de Nixon, vu le documentaire <a href="http://www.pbs.org/newshour/bb/latin_america/chile/">Politics in Chile</a> de l&#8217;emission NewsHour sur PBS ainsi que le <a href="http://www.fas.org/irp/cia/product/chile/">rapport Hinchey</a>. Certes pour une historienne on pourrait trouver regrétable qu&#8217;elle se contente de sources de secondes mains (mais de qualité) plutôt que de se pencher dans les <a href="http://foia.state.gov/SearchColls/CIA.asp">archives</a>, je ne suis pas historien et j&#8217;en ai déjà lu plus qu&#8217;elle sur le sujet, mais c&#8217;est déjà un effort suffisament rare en France pour être souligné. Catherine Durandin donc, choisi comme angle d&#8217;analyse le dogme admis jusqu&#8217;ici et elle n&#8217;écrit jamais clairement que la CIA n&#8217;y a pas participé, elle fait tout son possible pour laisser plâner le doute (cad que si vous êtes convaincu a priori d&#8217;une participation de la CIA vous n&#8217;avez aucun élément dans le livre de Durandin qui vous permette de changer d&#8217;avis). Elle va chercher avant tout toutes les traces d&#8217;implication des EU plutôt que de proposer une perspective plus large. Par exemple elle note que selon le rapport Hinchey, la CIA reconnait avoir été au courant du coup d&#8217;état, ce que quelqu&#8217;un qui admet la théorie de la participation va considérer comme une preuve formelle. Mais avoir une information comme quoi un coup d&#8217;état va avoir lieu ne signifie pas qu&#8217;on croit que ce coup d&#8217;état va avoir lieu (et encore moins qu&#8217;on y participe, Durandin &laquo;&nbsp;oublie&nbsp;&raquo; de préciser que &laquo;&nbsp;it was aware of coup-plotting by the military&nbsp;&raquo; dans le rapport Hinchey, est précédé de &laquo;&nbsp;Although CIA did not instigate the coup that ended Allende&#8217;s government on 11 September 1973&#8243;&#8230;). La CIA a eu une information de ce type c&#8217;est exact, mais l&#8217;histoire démontre que cela ne suffit pas pour qu&#8217;on conclut que le gouvernement américain savait que le coup d&#8217;état allait avoir lieu. La CIA a t elle pris au sérieux cette information (elle avait des éléments pour le 11 septembre, elle ne les a pas pris au sérieux) ? L&#8217;a t elle communiqué aux dirigeants en temps et en heure (Pearl Harbor) ? N&#8217;y a t il pas eu des problèmes bureaucratiques qui ont empéché l&#8217;information de circuler correctement (Pearl Harbor toujours et 11 septembre également) ? Si elle avait parcouru les archives, elle aurait vu que ce n&#8217;était pas la première rumeur de coup d&#8217;état, il y en a eu une bonne dizaine si ce n&#8217;est plus (je n&#8217;ai fait qu&#8217;une recherche rapide) entre 1970 et 1973, aussi bien à gauche qu&#8217;à droite. Elle a lu &laquo;&nbsp;A la maison blanche&nbsp;&raquo;, mais je ne sais pas si elle a lu la suite, &laquo;&nbsp;Les Années orageuses&nbsp;&raquo;, si c&#8217;était le cas, elle aurait pu parler du compte-tenu que fait l&#8217;ambasseur au chili Nathaniel Davis à Kissinger juste avant le coup d&#8217;état &laquo;&nbsp;In Chile you can never count on anything, but the odds are in favor of a coup, though I can&#8217;t give you any time frame.&nbsp;&raquo;, ce qui montre bien qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas sûr qu&#8217;il aurait lieu et encore moins pour la date. Pour des gens qui sont si ce n&#8217;est impliqué, du moins fortement lié à l&#8217;establishement militaire chilien, c&#8217;est quand même étonnant qu&#8217;ils ne connaissent même pas la date du coup d&#8217;état&#8230; Elle aurait d&#8217;ailleurs pour ajouter la suite de la conservation entre Davis et Kissinger. Kissinger: &laquo;&nbsp;We are going to stay out of that, I assume.&nbsp;&raquo; Davis: &laquo;&nbsp;Yes. My firm instructions to everybody on the staff are that we are not to involve ourselves in any way. . . . Our biggest problem is to keep from getting caught in the middle.&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>Bref tout ça pour dire que le problème des intellectuels français, c&#8217;est qu&#8217;ils résonnent sur les EU à partir de clichés. On pourrait prendre d&#8217;autres exemples, celui de la &laquo;&nbsp;porte ouverte&nbsp;&raquo; dans les universités américaines. Dans les années 80, les pro-américains utilisaient &laquo;&nbsp;la porte ouverte&nbsp;&raquo; pour montrer que le système universitaire américain était beaucoup plus ouvert qu&#8217;en Europe. Les profs gardaient leurs portes ouvertes ils étaient donc facilement accessibles par les étudiants, la relation maître-élève était donc moins hierarchiquement pesante. Milieu des années 90, avec la mode de l&#8217;anti-politiquement correct et de l&#8217;anti-féminisme, cette &laquo;&nbsp;porte ouverte&nbsp;&raquo; est devenue le symbole des délires du féminisme. Les professeurs américains étaient obligés de garder leurs portes ouvertes dans les universités quand ils étaient avec des étudiants pour que personne ne puisse les soupçonner d&#8217;abus sexuels. Sans compter que ces &laquo;&nbsp;portes ouvertes&nbsp;&raquo;, permettaient de faire un jeu de mot intéressant, par exemple &laquo;&nbsp;c&#8217;est la porte ouverte aux pires abus&nbsp;&raquo;. Tout un débat donc, autour d&#8217;un cliché bétête qu&#8217;on utilise d&#8217;un côté puis de l&#8217;autre. Ca ne me semble néanmoins ni typique des marxisants, ni typique des français. Tous les peuples connaissent souvent mal les autres pays, et ils se contentent de clichés pour les analyser. Le cliché de la France antisémite par exemple, fait fureur aux EU. Seul Tony Judt (qui n&#8217;est pourtant pas ma tasse de thé) y a apporté une réponse pertinente dans son article <a href="http://www.nybooks.com/articles/article-preview?article_id=16151">The Way We Live Now</a> (l&#8217;article est payant mais je peux fournir une copie gratuite si quelqu&#8217;un le souhaite), dans la NY Review of Books. La différence entre la vision des américains sur l&#8217;Europe et celle des européens sur les EU, c&#8217;est que ces derniers sont persuadés de connaître parfaitement les EU (tous les intellectuels parlent des EU parce que même s&#8217;en s&#8217;être penchés attentivement sur le sujet ils pensent connaître le pays, ils écrivent beaucoup moins sur la Chine parce qu&#8217;ils se rendent compte que là, comme pour tous les pays, il faut des compétences) alors que les intellectuels américains sont beaucoup plus prudents (comme nous sur la Chine).</p>
<p>Tout ça pour dire que les interprétations erronées de la politique étrangère américaine ne me semblent pas relever du totalitarisme. A la rigueur lors de leur création, avec le fort mouvement marxiste de l&#8217;époque, et encore. Mais selon moi le processus est plutôt le suivant :</p>
<p>1) Des journalistes et des éditoralistes écrivent en temps réel sur les EU des articles accrocheurs (des coups d&#8217;états à gogo, des grands plans pour dominer le monde, c&#8217;est vendeur), et qui vont dans le sens des clichés entretenus sur les EU (le pétrole et la Grande Politique par exemple). Les théories plus complexes ne sont pas prises en compte, premièrement parce que plus complexes justement et deuxièmement parce qu&#8217;elles ne collent pas aux clichés (toute explication complexe ne peut coller à un cliché).</p>
<p>2) Ces théories ne sont pas remises en cause en temps réel, tout simplement parce que vous pouvez écrire n&#8217;importe quoi sur les EU beaucoup de gens vous croiront (parce qu&#8217;ils n&#8217;y connaissent rien) et ne seront même pas prudents avec vos théories (parce qu&#8217;ils sont persuadés d&#8217;y connaître quelque chose).</p>
<p>3) Les travaux sérieux aux EU ne sont pas ou peu lus en Europe (notamment parce que pas traduits, par exemple le meilleur livre sur la guerre du Golfe <a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/0316321001/171-5911253-9361809">The General&#8217;s War: The Inside Story of the Conflict in the Gulf</a> est toujours inaccessible pour les lecteurs francophones, ils devront se contenter de très mauvais livres écrits par des auteurs français). Les clichés ne sont donc pas remis en cause.</p>
<p>Mais ça ne concerne pas que les EU, les intellectuels ont des clichés sur tout le monde. Par exemple sur les musulmans, inaptes à la démocratie (exit le Mali, le Sénégal, l&#8217;Indonésie, le Bangladesh pour ne prendre que des exemples consensuels). Peut-être que l&#8217;intellectuel à la française est beaucoup plus susceptible de tomber dans ces travers que l&#8217;intellectuel à l&#8217;anglaise (plus spécialisé), mais ça ne relève pas non plus du marxisme.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Jean Dubois</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-105</link>
		<dc:creator>Jean Dubois</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:29:40 +0000</pubDate>
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		<description>Ces remarques ne sont pas &quot;sans grande importance&quot;.

Concernant la déformation des faits et la réécriture de l&#039;histoire pour accréditer la thèse de l&#039;Amérique coupable, elle est symptomatique. A nouveau, il est difficile de se référer à autre chose qu&#039;aux totalitarismes européens qui ont fait de la propagande une forme de science et à la persistance de la &quot;trahison des clercs&quot;. On pourrait penser que les &quot;intellectuels&quot; soient davantage contraints aujourd&#039;hui par les règles élémentaires de l&#039;éthique universitaire et de l&#039;honnêteté intellectuelle. Or ce n&#039;est pas le cas. Nos élites restent en grande partie sous l&#039;influence de formations intellectuelles de tradition stalinienne, trostkiste ou maoiste, ce qui pouvait se comprendre pour la génération précédente mais devient inquiétant pour la génération présente. Il ne peut y avoir de démocratie sans débat démocratique lequel suppose de surmonter l&#039;idéologie. C&#039;est le rôle des médias, des partis politiques, des &quot;intellectuels&quot;, de tous les &quot;corps intermédiaires&quot; et c&#039;est précisément ce qui pour moi est &quot;cassé&quot; dans les démocraties européennes.

Vos remarques sur la peur des Européens de désigner leur véritable ennemi sont très intéressantes. Quelque part ils se retournent contre les Etats-Unis car c&#039;est effectivement plus facile que d&#039;affronter les conséquences d&#039;une analyse lucide d&#039;Al-Qaida.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ces remarques ne sont pas &laquo;&nbsp;sans grande importance&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Concernant la déformation des faits et la réécriture de l&#8217;histoire pour accréditer la thèse de l&#8217;Amérique coupable, elle est symptomatique. A nouveau, il est difficile de se référer à autre chose qu&#8217;aux totalitarismes européens qui ont fait de la propagande une forme de science et à la persistance de la &laquo;&nbsp;trahison des clercs&nbsp;&raquo;. On pourrait penser que les &laquo;&nbsp;intellectuels&nbsp;&raquo; soient davantage contraints aujourd&#8217;hui par les règles élémentaires de l&#8217;éthique universitaire et de l&#8217;honnêteté intellectuelle. Or ce n&#8217;est pas le cas. Nos élites restent en grande partie sous l&#8217;influence de formations intellectuelles de tradition stalinienne, trostkiste ou maoiste, ce qui pouvait se comprendre pour la génération précédente mais devient inquiétant pour la génération présente. Il ne peut y avoir de démocratie sans débat démocratique lequel suppose de surmonter l&#8217;idéologie. C&#8217;est le rôle des médias, des partis politiques, des &laquo;&nbsp;intellectuels&nbsp;&raquo;, de tous les &laquo;&nbsp;corps intermédiaires&nbsp;&raquo; et c&#8217;est précisément ce qui pour moi est &laquo;&nbsp;cassé&nbsp;&raquo; dans les démocraties européennes.</p>
<p>Vos remarques sur la peur des Européens de désigner leur véritable ennemi sont très intéressantes. Quelque part ils se retournent contre les Etats-Unis car c&#8217;est effectivement plus facile que d&#8217;affronter les conséquences d&#8217;une analyse lucide d&#8217;Al-Qaida.</p>
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	<item>
		<title>Par : Acoudeyras</title>
		<link>http://www.tanstaafl-fr.net/?p=54&#038;cpage=1#comment-104</link>
		<dc:creator>Acoudeyras</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2006 10:25:22 +0000</pubDate>
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		<description>Quelques remarques sans grande importance :

1) Les EU n&#039;étaient pas un allié de Saddam contre l&#039;Iran. Tarek Aziz le dit très clairement dans une &lt;a href=&quot;http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/saddam/interviews/aziz.html&quot;&gt;interview avec PBS &lt;/a&gt;:
&quot;We didn&#039;t have great expectations from our relations with the United States. First of all, there are false perceptions and analysis that the U.S. supported Iraq in the war again Iran. It&#039;s not true. Iran was a proclaimed enemy of the United States. It was clear they wanted to hurt the United States as much as they could. We are not enemies of the United States. Of course, you have some things to talk about, to have some sort of a normal, semi-cordial relationship. We are not the enemies of the United States. There was somebody else who&#039;s our enemy, and the proclaimed enemy of the United States. So we had normal relations. We used to meet with the American secretary of state, in New York or in Washington, to exchange views, and to develop our economic trade relations. We were very active in the American public opinion. We encouraged meetings with the congressmen, and with the media. We do everywhere. It was not a special policy towards the United States. . . . We wanted to know America, and we wanted America to know us. We received many delegations, congressional and individuals. . . . But we didn&#039;t have any fantasies about America supporting Iraq in the war against Iran. . . . And we didn&#039;t buy any arms from the United States. There was one deal in 1982. . . . He promised that he will bring 150 five-millimeter guns, and we said, we need those guns, why not. Before the shipment was loaded on the ship to bring it to Iraq, the American government stopped it. That was 1982, 1983. So we knew that America would not go too far in their support or supposed support to Iraq. Of course, they didn&#039;t want Iran to win, because that was a great threat to their interests. But they were not also enthusiastic to get Iraq to win. Kissenger was very frank in describing the American position at that time, although he was not in power. He said, &quot;We would like both parties to lose.&quot; That was a frank and clear description of the real American position.&quot;

Ajoutons de plus, que selon une &lt;a href=&quot;http://projects.sipri.se/armstrade/Trnd_Ind_IRQ_Imps_73-02.pdf&quot;&gt;étude du sipri&lt;/a&gt; les américains ont vendu pour 200 millions de dollars d&#039;armes à l&#039;Irak entre 1973 et 2001 (et encore ce sont des hélicoptères civils qui ont été détourné de leur usage par les irakiens, peut-être à l&#039;insu du plein gré des américains, mais quand même...), soit 0,46% du montant total des armes vendus à l&#039;Irak pendant cette période. La politique officielle était la neutralité, la politique officieuse était plutôt ce qu&#039;avait dit Kissinger à Tarek Aziz : vouloir que les deux perdent, ce qui se traduit concrètement par une neutralité bienveillante à l&#039;égard de celui qui est en train de perdre (pour ne pas que l&#039;autre gagne). La coopération entre les américains et les irakiens s&#039;est limitée, à quelques cartes satellites montrant les positions iraniennes (de toute façon les irakiens auraient pu se les procurer auprès d&#039;entreprises privées, c&#039;est ce qu&#039;ils ont fait juste avant l&#039;invasion du Koweit), à leur vendre pour 1 milliard de dollars de Dual-Use Equipment (des souches pour faire des armes biologiques mais surtout des ordinateurs qui sont considérés comme faisant partie des achats potentiellement militaires), et à être assez souple avec les exportations de blés à destination de l&#039;Irak. Contrairement à la légende, ils ont bien condamné les exactions commises contre les kurdes (malgré une étude de la CIA de ce nanard de Pelletiere qui voulait l&#039;imputer à l&#039;Iran). Dans le même temps il faut aussi rappeller qu&#039;à certaines époques ils ont également aidé l&#039;Iran, par exemple en demandant aux israéliens de leur vendre des armes. Bref le terme neutralité bienveillante me semble plus adéquat que celui d&#039;allié (ne serait ce que du fait du refus de vendre des armes).

2) Les EU n&#039;ont rien à voir avec le coup d&#039;état contre Allende (ni même dans l&#039;assassinat de Schneider). Ils ont décidé en 1970 qu&#039;il fallait essayer de le revenser, ils ont pris des contacts avec des putchistes, puis se sont ravisés en estimant que ce n&#039;était pas possible. Entre décembre 1970 et septembre 1973, la CIA n&#039;est impliqué dans aucun des troubles qui ont agité le Chili. Les américains étaient vaguement au courant du coup d&#039;état de septembre 73 (comme tout le monde, Allende compris), mais compte-tenu des nombreux autres rumeurs de coup d&#039;état qu&#039;ils avaient entendu avant, ne l&#039;avait pas pris spécialement au sérieux (l&#039;ambassadeur américain au Chili avait été rappellé à Washington juste avant le coup d&#039;état pour l&#039;intronisation de Kissinger comme directeur du NSC, ils ont parlé en tout pendant 5 minutes du Chili, la transcription de cette conversation est publique, et l&#039;ambassadeur Davis parle à Kissinger d&#039;une rumeur d&#039;un coup d&#039;état, sans qu&#039;il lui soit possible d&#039;en préciser la date). Cette épisode de l&#039;histoire américaine n&#039;est plus sujet à discussion chez les historiens, et même les journalistes qui soutenaient depuis 30 ans la thèse de l&#039;implication américaine (en étant particulièrement malhonnêtes intellectuellement la plupart du temps), ont laissé tomber depuis que toutes les archives sont accessibles sur le site Internet du State Department. L&#039;implication de la CIA lors du coup d&#039;état contre Allende est une légende qui était déjà démentie par la commission Church et toutes les enquêtes journalistes sérieuses de l&#039;époque. C&#039;est un peu comme la green light theory pour l&#039;invasion du Koweit de 1991 ou l&#039;attaque de Pearl Arbor que le gouvernement américain aurait laissé faire pour mobiliser son opinion, un mythe. Il n&#039;y a qu&#039;un seul mythe de ce genre que je considère encore avec un minimum de sérieux, c&#039;est le coup d&#039;état de 1963 par le Baas avec un soutien de la CIA. Il me manque juste 6000 dollars pour vérifier certaines sources (si quelqu&#039;un à un accès au &lt;a href=&quot;http://www.ampltd.co.uk/collect/macdata.HTM&quot;&gt;MacMillan Cabinet Papers&lt;/a&gt; dans son université, je lui serais infiniment reconnaissant de me le faire savoir).

3) Sur les difficultés qu&#039;ont les européens de comprendre la lutte contre le terrorisme, il y aurait effectivement beaucoup à dire. Quand on lit que &quot;Contre les ennemis de la démocratie, la seule réponse est plus de démocratie&quot; dans &lt;a href=&quot;http://alexis.coudeyras.free.fr/ElPais.htm&quot;&gt;l&#039;éditorial de Juan Luis Cebrian&lt;/a&gt;, le fondateur d&#039; El Pais le lendemain de l&#039;attentat à Madrid, on ne peut qu&#039;être sidéré (ceci les américains ont de bien mauvais clichés sur la guerre contre le terrorisme également, voir l&#039;excellent &lt;a href=&quot;http://alexis.coudeyras.free.fr/Weekly2.htm&quot;&gt;America&#039;s Worst Cliche : If you don&#039;t read this article, the terrorists will have won&lt;/a&gt;. , de Matt Labash, Weekly Standard). Il est particulièrement douteux que les terroristes islamistes font un grand cas de la nature démocratique de nos régimes. Ils ne l&#039;aiment pas particulièrement (et encore, je pense que le rapport de Ben Laden à la démocratie formelle c&#039;est-à-dire, sans les valeurs qui l&#039;accompagnent, est plus complexe qu&#039;on pourrait le croire), mais transformer nos sociétés en gouvernements autoritaires n&#039;est absolument pas l&#039;objet de leur lutte. Ils perçoivent certainement que l&#039;existence de gouvernements démocratiques occidentaux peut avoir des effets négatifs pour eux, notamment parce que l&#039;idéal démocratique est populaire (dans le monde musulman, beaucoup moins dans le monde arabe) et qu&#039;il pourrait s&#039;agir d&#039;un biais pour diffuser des valeurs occidentales plus problématiques (la place de la femme et le rapport entre religion et politique par exemple), mais d&#039;un autre côté, ils considèrent aussi que nos sociétés sont faibles et donc beaucoup plus faciles à détruire qu&#039;un gouvernement autoritaire. Et surtout ils ne parlent jamais d&#039;une lutte contre la démocratie, pour les salafistes jihadistes, nous sommes bien d&#039;avantage des juifs et des croisés que des démocrates. Je ferais remarquer d&#039;ailleurs, qu&#039;Al Qaida parle autant si ce n&#039;est plus de la Tchétchénie que de la Palestine. Que nous (les croisés) menons la guerre en Tchétchénie alors que ce sont les juifs qui mènent la guerre contre les palestiniens. Nous sommes donc au moins autant si ce n&#039;est plus concernés par la question tchétchène que par la question palestinienne. Donc non seulement ils ne sont pas des ennemis de la démocratie, mais surtout la réponse &quot;plus de démocratie&quot; n&#039;est absolument pas pertinente. Imagine t on Churchill ou De Gaulle déclarer que pour vaincre le nazisme la seule réponse est &quot;plus de démocratie&quot; ? Ce n&#039;était donc pas en allant voter massivement pour les élections que les espagnols allaient vaincre le terrorisme. On peut être sûr que les 77,5% de participation aux élections du dimanche 14 en Espagne, n&#039;ont pas été ressenti comme une cuisante défaite par Ben Laden et qu&#039;ils n&#039;ont altéré en rien sa stratégie. Il est pour le moins étonnant qu&#039;on utilise le terme &quot;lutte contre le terrorisme&quot; pour désigner des actions qui sont neutres vis-à-vis de l&#039;ennemi. Il y a à mon avis dans ces contresens, un mélange de pensée magique et surtout d&#039;incapacité pour les occidentaux à imaginer que vous avons des ennemis autre qu&#039;impersonnels (la pollution, l&#039;épuisement des ressources naturelles, l&#039;intolérance, ...). Déjà qu&#039;il est difficile pour beaucoup d&#039;entre nous d&#039;imaginer un ennemi qui soit différent de nous même (le fameux &quot;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2020551179&quot;&gt;Sanglot de l&#039;homme blanc&lt;/a&gt;&quot; de Pascal Bruckner), alors un ennemi physique... Je pense d&#039;ailleurs que notre diagnostic sur les menaces découle des réponses que nous voulons y apporter (et pas le contraire). Ce sont nos convictions pacifistes en Europe (à l&#039;exception notable de la Grande-Bretagne, voir l&#039;excellent article de Ronald Asmus, Philip P. Everts et Pierangelo Isernia &lt;a href=&quot;http://www.policyreview.org/feb04/asmus_print.html&quot;&gt;Power, War, and Public Opinion&lt;/a&gt; dans Policy Review), qui nous incite à ne pas considérer que nous avons des ennemis. Si nous changons de diagnostic, il faudra alors considérer l&#039;option faucon comme l&#039;une des possibles, ce qui nous est insupportable. Le plus simple pour ne pas envisager cette solution et de faire l&#039;autruche et d&#039;imaginer que nous n&#039;avons pas d&#039;ennemis. La réponse du peuple espagnol est non seulement lamentable mais celle de son gouvernement ne vaut pas mieux. Ils vont certes arréter les reponsables directs de l&#039;attentat, mais leur &quot;lutte impitoyable contre le terrorisme&quot; ne consiste absolument pas à s&#039;attaquer au principal responsable : Ben Laden. On arrête les exécutants, mais le donneur d&#039;ordre (si ce n&#039;est réel, au moins symbolique), ne sera pas inquiété. J&#039;ajoute qu&#039;il ne faudrait pas se faire trop d&#039;illusions, les européens ne pensent pas comme cela, parce qu&#039;ils sont plus &quot;gentils&quot; que les américains. Si on proposait aux européens la tranquilité chez eux en échange de régimes dictatoriaux au Moyen-Orient, je suis sûr qu&#039;une très large majorité signerait des deux mains (de toute façon, la démocratie ce n&#039;est pas fait pour les musulmans), ce qui serait beaucoup plus douteux aux EU. Les européens souhaitent se contenter d&#039;une lutte anti-terroristes chez eux, de soutenir les régimes dictatoriaux &quot;laics&quot; pour qu&#039;ils fassent le ménage dans leur pays, lutter contre le &quot;terreau&quot; de l&#039;islamisme (la pauvreté et les inégalités bien-entendu, personne ne prend la peine de se demander pourquoi ce ne sont pas les africains qui commettent ses attentats...) sans s&#039;attaquer aux fondements de l&#039;idéologie qui guide les terroristes islamistes. La réaction des chancelleries européennes après l&#039;assassinat de Cheikh Yassine, est révélatrice. Cheikh Yassine a exactement la même idéologie que Ben Laden, il est le seul au Moyen-Orient avec Saddam Hussein à avoir salué les attentats du 11 septembre. Certes, ses prêches ne sont pas majoritairement (et majoritairement seulement) dirigés contre nous, néanmoins, tant qu&#039;on soutiendra, même indirectement, ce genre de personnage (par exemple en pleurant sa mort), l&#039;idéologie qu&#039;il soutient progresse, et nous retombera forcément sur la tronche un jour ou l&#039;autre.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques remarques sans grande importance :</p>
<p>1) Les EU n&#8217;étaient pas un allié de Saddam contre l&#8217;Iran. Tarek Aziz le dit très clairement dans une <a href="http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/saddam/interviews/aziz.html">interview avec PBS </a>:<br />
&laquo;&nbsp;We didn&#8217;t have great expectations from our relations with the United States. First of all, there are false perceptions and analysis that the U.S. supported Iraq in the war again Iran. It&#8217;s not true. Iran was a proclaimed enemy of the United States. It was clear they wanted to hurt the United States as much as they could. We are not enemies of the United States. Of course, you have some things to talk about, to have some sort of a normal, semi-cordial relationship. We are not the enemies of the United States. There was somebody else who&#8217;s our enemy, and the proclaimed enemy of the United States. So we had normal relations. We used to meet with the American secretary of state, in New York or in Washington, to exchange views, and to develop our economic trade relations. We were very active in the American public opinion. We encouraged meetings with the congressmen, and with the media. We do everywhere. It was not a special policy towards the United States. . . . We wanted to know America, and we wanted America to know us. We received many delegations, congressional and individuals. . . . But we didn&#8217;t have any fantasies about America supporting Iraq in the war against Iran. . . . And we didn&#8217;t buy any arms from the United States. There was one deal in 1982. . . . He promised that he will bring 150 five-millimeter guns, and we said, we need those guns, why not. Before the shipment was loaded on the ship to bring it to Iraq, the American government stopped it. That was 1982, 1983. So we knew that America would not go too far in their support or supposed support to Iraq. Of course, they didn&#8217;t want Iran to win, because that was a great threat to their interests. But they were not also enthusiastic to get Iraq to win. Kissenger was very frank in describing the American position at that time, although he was not in power. He said, &laquo;&nbsp;We would like both parties to lose.&nbsp;&raquo; That was a frank and clear description of the real American position.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ajoutons de plus, que selon une <a href="http://projects.sipri.se/armstrade/Trnd_Ind_IRQ_Imps_73-02.pdf">étude du sipri</a> les américains ont vendu pour 200 millions de dollars d&#8217;armes à l&#8217;Irak entre 1973 et 2001 (et encore ce sont des hélicoptères civils qui ont été détourné de leur usage par les irakiens, peut-être à l&#8217;insu du plein gré des américains, mais quand même&#8230;), soit 0,46% du montant total des armes vendus à l&#8217;Irak pendant cette période. La politique officielle était la neutralité, la politique officieuse était plutôt ce qu&#8217;avait dit Kissinger à Tarek Aziz : vouloir que les deux perdent, ce qui se traduit concrètement par une neutralité bienveillante à l&#8217;égard de celui qui est en train de perdre (pour ne pas que l&#8217;autre gagne). La coopération entre les américains et les irakiens s&#8217;est limitée, à quelques cartes satellites montrant les positions iraniennes (de toute façon les irakiens auraient pu se les procurer auprès d&#8217;entreprises privées, c&#8217;est ce qu&#8217;ils ont fait juste avant l&#8217;invasion du Koweit), à leur vendre pour 1 milliard de dollars de Dual-Use Equipment (des souches pour faire des armes biologiques mais surtout des ordinateurs qui sont considérés comme faisant partie des achats potentiellement militaires), et à être assez souple avec les exportations de blés à destination de l&#8217;Irak. Contrairement à la légende, ils ont bien condamné les exactions commises contre les kurdes (malgré une étude de la CIA de ce nanard de Pelletiere qui voulait l&#8217;imputer à l&#8217;Iran). Dans le même temps il faut aussi rappeller qu&#8217;à certaines époques ils ont également aidé l&#8217;Iran, par exemple en demandant aux israéliens de leur vendre des armes. Bref le terme neutralité bienveillante me semble plus adéquat que celui d&#8217;allié (ne serait ce que du fait du refus de vendre des armes).</p>
<p>2) Les EU n&#8217;ont rien à voir avec le coup d&#8217;état contre Allende (ni même dans l&#8217;assassinat de Schneider). Ils ont décidé en 1970 qu&#8217;il fallait essayer de le revenser, ils ont pris des contacts avec des putchistes, puis se sont ravisés en estimant que ce n&#8217;était pas possible. Entre décembre 1970 et septembre 1973, la CIA n&#8217;est impliqué dans aucun des troubles qui ont agité le Chili. Les américains étaient vaguement au courant du coup d&#8217;état de septembre 73 (comme tout le monde, Allende compris), mais compte-tenu des nombreux autres rumeurs de coup d&#8217;état qu&#8217;ils avaient entendu avant, ne l&#8217;avait pas pris spécialement au sérieux (l&#8217;ambassadeur américain au Chili avait été rappellé à Washington juste avant le coup d&#8217;état pour l&#8217;intronisation de Kissinger comme directeur du NSC, ils ont parlé en tout pendant 5 minutes du Chili, la transcription de cette conversation est publique, et l&#8217;ambassadeur Davis parle à Kissinger d&#8217;une rumeur d&#8217;un coup d&#8217;état, sans qu&#8217;il lui soit possible d&#8217;en préciser la date). Cette épisode de l&#8217;histoire américaine n&#8217;est plus sujet à discussion chez les historiens, et même les journalistes qui soutenaient depuis 30 ans la thèse de l&#8217;implication américaine (en étant particulièrement malhonnêtes intellectuellement la plupart du temps), ont laissé tomber depuis que toutes les archives sont accessibles sur le site Internet du State Department. L&#8217;implication de la CIA lors du coup d&#8217;état contre Allende est une légende qui était déjà démentie par la commission Church et toutes les enquêtes journalistes sérieuses de l&#8217;époque. C&#8217;est un peu comme la green light theory pour l&#8217;invasion du Koweit de 1991 ou l&#8217;attaque de Pearl Arbor que le gouvernement américain aurait laissé faire pour mobiliser son opinion, un mythe. Il n&#8217;y a qu&#8217;un seul mythe de ce genre que je considère encore avec un minimum de sérieux, c&#8217;est le coup d&#8217;état de 1963 par le Baas avec un soutien de la CIA. Il me manque juste 6000 dollars pour vérifier certaines sources (si quelqu&#8217;un à un accès au <a href="http://www.ampltd.co.uk/collect/macdata.HTM">MacMillan Cabinet Papers</a> dans son université, je lui serais infiniment reconnaissant de me le faire savoir).</p>
<p>3) Sur les difficultés qu&#8217;ont les européens de comprendre la lutte contre le terrorisme, il y aurait effectivement beaucoup à dire. Quand on lit que &laquo;&nbsp;Contre les ennemis de la démocratie, la seule réponse est plus de démocratie&nbsp;&raquo; dans <a href="http://alexis.coudeyras.free.fr/ElPais.htm">l&#8217;éditorial de Juan Luis Cebrian</a>, le fondateur d&#8217; El Pais le lendemain de l&#8217;attentat à Madrid, on ne peut qu&#8217;être sidéré (ceci les américains ont de bien mauvais clichés sur la guerre contre le terrorisme également, voir l&#8217;excellent <a href="http://alexis.coudeyras.free.fr/Weekly2.htm">America&#8217;s Worst Cliche : If you don&#8217;t read this article, the terrorists will have won</a>. , de Matt Labash, Weekly Standard). Il est particulièrement douteux que les terroristes islamistes font un grand cas de la nature démocratique de nos régimes. Ils ne l&#8217;aiment pas particulièrement (et encore, je pense que le rapport de Ben Laden à la démocratie formelle c&#8217;est-à-dire, sans les valeurs qui l&#8217;accompagnent, est plus complexe qu&#8217;on pourrait le croire), mais transformer nos sociétés en gouvernements autoritaires n&#8217;est absolument pas l&#8217;objet de leur lutte. Ils perçoivent certainement que l&#8217;existence de gouvernements démocratiques occidentaux peut avoir des effets négatifs pour eux, notamment parce que l&#8217;idéal démocratique est populaire (dans le monde musulman, beaucoup moins dans le monde arabe) et qu&#8217;il pourrait s&#8217;agir d&#8217;un biais pour diffuser des valeurs occidentales plus problématiques (la place de la femme et le rapport entre religion et politique par exemple), mais d&#8217;un autre côté, ils considèrent aussi que nos sociétés sont faibles et donc beaucoup plus faciles à détruire qu&#8217;un gouvernement autoritaire. Et surtout ils ne parlent jamais d&#8217;une lutte contre la démocratie, pour les salafistes jihadistes, nous sommes bien d&#8217;avantage des juifs et des croisés que des démocrates. Je ferais remarquer d&#8217;ailleurs, qu&#8217;Al Qaida parle autant si ce n&#8217;est plus de la Tchétchénie que de la Palestine. Que nous (les croisés) menons la guerre en Tchétchénie alors que ce sont les juifs qui mènent la guerre contre les palestiniens. Nous sommes donc au moins autant si ce n&#8217;est plus concernés par la question tchétchène que par la question palestinienne. Donc non seulement ils ne sont pas des ennemis de la démocratie, mais surtout la réponse &laquo;&nbsp;plus de démocratie&nbsp;&raquo; n&#8217;est absolument pas pertinente. Imagine t on Churchill ou De Gaulle déclarer que pour vaincre le nazisme la seule réponse est &laquo;&nbsp;plus de démocratie&nbsp;&raquo; ? Ce n&#8217;était donc pas en allant voter massivement pour les élections que les espagnols allaient vaincre le terrorisme. On peut être sûr que les 77,5% de participation aux élections du dimanche 14 en Espagne, n&#8217;ont pas été ressenti comme une cuisante défaite par Ben Laden et qu&#8217;ils n&#8217;ont altéré en rien sa stratégie. Il est pour le moins étonnant qu&#8217;on utilise le terme &laquo;&nbsp;lutte contre le terrorisme&nbsp;&raquo; pour désigner des actions qui sont neutres vis-à-vis de l&#8217;ennemi. Il y a à mon avis dans ces contresens, un mélange de pensée magique et surtout d&#8217;incapacité pour les occidentaux à imaginer que vous avons des ennemis autre qu&#8217;impersonnels (la pollution, l&#8217;épuisement des ressources naturelles, l&#8217;intolérance, &#8230;). Déjà qu&#8217;il est difficile pour beaucoup d&#8217;entre nous d&#8217;imaginer un ennemi qui soit différent de nous même (le fameux &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2020551179">Sanglot de l&#8217;homme blanc</a>&nbsp;&raquo; de Pascal Bruckner), alors un ennemi physique&#8230; Je pense d&#8217;ailleurs que notre diagnostic sur les menaces découle des réponses que nous voulons y apporter (et pas le contraire). Ce sont nos convictions pacifistes en Europe (à l&#8217;exception notable de la Grande-Bretagne, voir l&#8217;excellent article de Ronald Asmus, Philip P. Everts et Pierangelo Isernia <a href="http://www.policyreview.org/feb04/asmus_print.html">Power, War, and Public Opinion</a> dans Policy Review), qui nous incite à ne pas considérer que nous avons des ennemis. Si nous changons de diagnostic, il faudra alors considérer l&#8217;option faucon comme l&#8217;une des possibles, ce qui nous est insupportable. Le plus simple pour ne pas envisager cette solution et de faire l&#8217;autruche et d&#8217;imaginer que nous n&#8217;avons pas d&#8217;ennemis. La réponse du peuple espagnol est non seulement lamentable mais celle de son gouvernement ne vaut pas mieux. Ils vont certes arréter les reponsables directs de l&#8217;attentat, mais leur &laquo;&nbsp;lutte impitoyable contre le terrorisme&nbsp;&raquo; ne consiste absolument pas à s&#8217;attaquer au principal responsable : Ben Laden. On arrête les exécutants, mais le donneur d&#8217;ordre (si ce n&#8217;est réel, au moins symbolique), ne sera pas inquiété. J&#8217;ajoute qu&#8217;il ne faudrait pas se faire trop d&#8217;illusions, les européens ne pensent pas comme cela, parce qu&#8217;ils sont plus &laquo;&nbsp;gentils&nbsp;&raquo; que les américains. Si on proposait aux européens la tranquilité chez eux en échange de régimes dictatoriaux au Moyen-Orient, je suis sûr qu&#8217;une très large majorité signerait des deux mains (de toute façon, la démocratie ce n&#8217;est pas fait pour les musulmans), ce qui serait beaucoup plus douteux aux EU. Les européens souhaitent se contenter d&#8217;une lutte anti-terroristes chez eux, de soutenir les régimes dictatoriaux &laquo;&nbsp;laics&nbsp;&raquo; pour qu&#8217;ils fassent le ménage dans leur pays, lutter contre le &laquo;&nbsp;terreau&nbsp;&raquo; de l&#8217;islamisme (la pauvreté et les inégalités bien-entendu, personne ne prend la peine de se demander pourquoi ce ne sont pas les africains qui commettent ses attentats&#8230;) sans s&#8217;attaquer aux fondements de l&#8217;idéologie qui guide les terroristes islamistes. La réaction des chancelleries européennes après l&#8217;assassinat de Cheikh Yassine, est révélatrice. Cheikh Yassine a exactement la même idéologie que Ben Laden, il est le seul au Moyen-Orient avec Saddam Hussein à avoir salué les attentats du 11 septembre. Certes, ses prêches ne sont pas majoritairement (et majoritairement seulement) dirigés contre nous, néanmoins, tant qu&#8217;on soutiendra, même indirectement, ce genre de personnage (par exemple en pleurant sa mort), l&#8217;idéologie qu&#8217;il soutient progresse, et nous retombera forcément sur la tronche un jour ou l&#8217;autre.</p>
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